BEA-Oracle : l’avis de Luc Legardeur (Xebia)
octobre 12, 2007 5:28 Architecture/MiddlewarePour avoir un autre son de cloche sur l’éventuel rachat de BEA par Oracle, j’ai appelé un partenaire des deux éditeurs, spécialisé dans les problématiques de SOA et de J2EE : Xebia. Entretien avec le président de Xebia, Luc Legardeur .
Pensez-vous que ce rachat se fera ?
BEA a déjà beaucoup résisté, cela fait cinq ou six ans que les rumeurs circulent. Mais le CEO de BEA a longtemps voulu préserver son indépendance. [NDLR : voir à ce propos un article d’Infoworld ]. C’est en tout cas une formidable opportunité pour les deux entreprises. BEA a très bien réussi sa reconversion, et l’absorption par Oracle lui donnera un champ d’application beaucoup plus vaste : la base installée Oracle qui a besoin d’un serveur d’applications digne de ce nom et d’un ESB est importante. Quant à Oracle, cela complète son offre middleware qui posait quelques soucis. Souvent, dans les rachats de ce type, le problème est culturel, lorsque les deux cultures d’entreprise sont différentes. Mais là , beaucoup de gens chez BEA sont des anciens d’Oracle, les deux entreprises sont américaines et relativement dynamiques, je ne vois pas de gap culturel.
Si l’opportunité est belle pour les deux éditeurs, qu’en est-il du point de vue des clients ?
Clairement, cela crée des opportunités pour les clients d’Oracle, qui pourront avoir accès à des technos innovantes lors des renégociations de contrats. Pour les clients de BEA, le point positif, c’est que BEA se retrouve doté d’une force de R&D plus importante, et pourra trouver des synergies avec les derniers produits middleware acquis par Oracle.
Que dire aux clients qui souhaitent investir aujourd’hui dans des technologies d’intégration : doivent-ils s’adresser à l’un des quatre mastodontes (Oracle, IBM, SAP et Microsoft), ou bien peuvent-ils encore opter pour un acteur de taille plus modeste ?
On ne se risque chez un petit acteur que si cela présente une réelle innovation technologique, s’il est leader. Car on sait que dans quelques années il sera acquis par un grand (à moins qu’il n’atteigne lui-même une taille critique, mais cela devient difficile, il n’y a guère que Google qui ait réussi, ces derniers temps, à passer de start-up à géant). Mais se reposer sur un éditeur qui n’est pas un leader présente un risque en termes d’innovation.

