Lemondeinformatique.fr partenaire de Sustainable-IT-Architecture

Architecture/Middleware 3 Commentaires

Nous avons décidé de nous associer au colloque organisé le 31 janvier prochain par la communauté Sustainable-IT-Architecture. J’y animerai donc une table ronde ayant pour thème : Est-il raisonnable de parler de refonte de système d’information ?

De fait, qu’il s’agisse des responsables du SI d’une entreprise, qui n’ont guère intérêt à prendre des risques, ou des (technico-)commerciaux des grands éditeurs, qui ne veulent pas faire peur en parlant de refonte et préfèrent proposer d’ajouter couche après couche, peu de monde jusqu’à présent dans l’écosystème n’ose s’attaquer à ce qui est devenu un tabou : la refonte des SI.

J’en parlais ce matin avec un responsable d’une grande société d’assurance, qui témoignera le 31. Je lui demandais s’il fallait faire table rase et rebâtir un nouveau SI : faut-il un Big Bang ? "Un Big Bang technologique oui, dit-il, mais pas à l’échelle du SI, ce ne serait pas raisonnable." En d’autres termes, pour lui, il faut réaliser un découpage du SI de l’entreprise, l’idéal étant de le faire découler d’une modélisation sémantique, puis de diriger les investissements dans les parties du SI prioritaires pour cette refonte.

Mais une fois que la décision d’investir est prise, le schéma classique préconisé par les grands éditeurs d’outils SOA consistant à réaliser des composants, puis des services, etc. n’est plus de mise. Il faut alors "aller vers ce que nous pensons être le top tout de suite".

Une approche intéressante et courageuse, qui résume pourquoi j’ai voulu qu’on s’associe à cette journée. Oh, la méthode de modélisation et de refonte du SI Praxeme (les auteurs de Praxeme étant les initiateurs de S-IT-A) restera peut-être cantonnée à quelques entreprises, mais il y a au moins là une réflexion sur l’avenir des systèmes d’information.

Aux côtés des premiers éditeurs associés à Praxeme, tels qu’Ilog, Softeam/Objecteering et Orchestra Networks, S-IT-A a réussi à attirer Information Builders, Progress Software, Sun et Software AG. La réflexion progresse, donc. Avec un objectif (quasiment) avoué : défier le discours des acteurs dominants, en premier lieu IBM et Oracle.

Attali vs Afdel, réponse d’éditeurs du Libre

Open Source 4 Commentaires

Encore une fois, je me sers du blog pour livrer in extenso les réflexions des uns et des autres. Voici donc, après la réaction de l’Afdel au rapport Attali et à sa “décision 58″, une réponse des bergers à la bergère, aimablement transmise par mon collègue Bertrand Lemaire :

Caricatural par bien des aspects, le communiqué de l’AFDEL méconnaît
manifestement ou déforme volontairement la réalité de l’industrie du
logiciel libre: l’AFDEL y affirme que “là où les entreprises du
logiciel investissent entre 20 et 30% de leur chiffre d’affaires en
R&D, les sociétés de logiciel libre, dont la R&D est très
faible et externalisée, ne sont pas même éligibles aux dispositifs
français d’aide à la recherche (Crédit Impôt recherche ou Jeune
Entreprise Innovante).”

Contredisant de façon flagrante et factuelle l’affirmation de
l’AFDEL, les signataires de ce texte sont toutes des entreprises
éditrices de logiciels, qui remplissent chacune au moins un des trois
critères: éligibilité au CIR (Crédit Impôt Recherche), labellisation
JEI (Jeune Entreprise Innovante), consacrer plus de 20% de son chiffre
d’affaire à la R&D. Ces critères objectifs, validés par des
expertises mandatées par le Ministère de la Recherche et par la
participation de certaines entreprises à des projets de recherche
coopérative financé par l’Etat (RNTL, Pôles de Compétitivité…) ou
l’Europe (PCRD, Eureka…), sont la preuve du caractère innovant et
créateur de valeur de l’activité des éditeurs de logiciels libres /
open source.

Outre ces allégations infondées contre les éditeurs de logiciels
libres, on peut reprocher au communiqué de l’AFDEL au moins les point
suivants:

  • Alors que le rapport Attali veut “promouvoir la concurrence
    entre logiciels propriétaires et logiciels libres” en constatant qu’ils
    proposent des “avantages différents”, l’AFDEL caricature cette
    proposition en la présentant comme “un soutien exclusif et
    discriminatoire à un modèle de développement et de commercialisation du
    logiciel qui ne participe que marginalement à l’innovation et à la
    croissance”.
  • Alors que la Commission Attali préconise de se fixer pour
    objectif que “20% des applications nouvellement développées ou
    installées au profit du secteur public [soient issues de l’] open
    source” seulement “à l’horizon 2012”, l’AFDEL présente pour sa part les
    marchés publics comme d’ores et déjà “fermés à l’industrie du logiciel
    propriétaire”.

Plus généralement, l’AFDEL dessert plus qu’elle ne sert les
entreprises qu’elle prétend représenter en menant un combat
d’arrière-garde contre une des tendances lourdes du marché de
l’informatique. En effet, selon le Gartner (“Open source impossible to
avoid, Gartner says”, Network World, Sept. 2007) au moins 80% des
logiciels commerciaux contiendront des briques open source en 2011 et
les éditeurs français “traditionnels” qui n’entreprennent pas dès
maintenant de s’appuyer sur le logiciel libre afin de bénéficier de
l’”économie moyenne de 36% en recherche et développement” mise en avant
par le rapport Attali risquent de se voir très fortement marginalisées
d’ici là.

Liste des
signataires (par ordre alphabétique):

  • AdaCore,
    créée en 1996, développe et commercialise GNAT Pro, l’environnement de
    développement de référence pour le langage Ada utilisé massivement dans
    l’industrie. AdaCore est partie prenante du pôle de compétitivité
    System@tic, participe au projet de recherche Européen QualOSS (7ème
    PCRD) et bénéficie du crédit impôt-recherche depuis 2006.
  • Contingences,
    éditeur de logiciels libres dans le domaine des logiciels sociaux
    dédiés à l’univers santé-social. Contingences a été crée en janvier
    2004, est éligible au CIR et labellisée JEI depuis 2005, et consacre
    plus de 20% de son CA à la R&D.
  • Logilab,
    éditeur de logiciels libres dans les domaines de la gestion de
    connaissances et de l’informatique scientifique a le statut de JEI
    depuis 2004 et consacre plus de 20% de son CA à la R&D. Logilab
    participe au développement de nombreux logiciels libres et promeut
    activement leur utilisation auprès de ses clients.
  • Mandriva,
    éditeur européen de Linux, diffuse et vend dans 150 pays son logiciel
    Mandriva Linux traduit dans plus de 80 langues. Mandriva investit de
    façon importante dans la R&D, et fait partie de projets PCRD/FP6
    comme EDOS, ExtreemOS et Nepomuk, et ITEA comme Energy.
  • Nexedi
    est éditeur de logiciels libres dans le domaine de la gestion
    d’entreprise (ERP) dont 80% du CA est effectué à l’export. Nexedi est
    éligible au CIR depuis 2005, labellisé JEI depuis 2004 et consacre plus
    de 20% de son CA à la R&D. Nexedi recrute des ingénieurs et
    chercheurs issus de grandes universités dans 8 pays européens,
    asiatiques, américains et africains.
  • Nuxeo,
    éditeur de logiciels libres dans le domaine de la GED (gestion
    électronique de documents), est éligible au CIR depuis 2003, labellisé
    JEI depuis 2004 et consacre plus de 25% de son CA à la R&D. Nuxeo
    est partenaires de plusieurs éditeurs libres et propriétaires qui
    embarquent ses technologies dans leurs produits, et réalise plus de 20%
    de son CA à l’export.
  • Wallix
    est éditeur de logiciels libres dans la sécurité et la gestion de
    l’infrastructure (supervision, gestion des identités, contrôle
    d’accès). Wallix a été créée en Octobre 2003, JEI et éligible au CIR
    depuis 2004. L’entreprise consacre plus de 20% de son CA en recherche
    et développement. Wallix a reçu le soutien d’Oseo Innovation en
    Novembre 2007.
  • XWiki,
    éditeur de logiciels libres dans le domaine des outils collaboratifs
    innovants, labellisé JEI depuis 2006, leader du projet RNTL de R&D
    “XWiki Concerto” en partenariat avec l’INRIA, Telecom Paris, Mandriva
    et l’EISTI, consacre plus de 20% de son CA à la R&D. XWiki réalise
    plus de 20% de son CA à l’export.

Economie du Libre : Attali vs Afdel

Open Source 1 Commentaire

Je suis en train d’écrire un article sur le sujet, mais afin que chacun puisse se faire une idée, voici côte à côte (enfin, verticalement, mais quand même) les positions du Rapport Attali et celles de l’Afdel sur l’économie du Logiciel Libre en France.

Extrait du rapport Attali :

OBJECTIF Renforcer le secteur du logiciel
Dans l’univers de l’interconnectivité généralisée, la valeur migre de l’exploitation des infrastructures de réseau, métier traditionnel de l’opérateur de télécommunications, vers les logiciels de traitement de l’information échangée.
Aussi, le secteur du logiciel représente un enjeu stratégique en matière de recherche, d’innovation, de croissance et d’exportation. En France, il concerne 2 500 PME innovantes dans un marché dominé très largement par l’industrie américaine (14 éditeurs américains et un allemand dans les 15 premiers mondiaux).

DÉCISION 58
 Promouvoir la concurrence entre logiciels propriétaires et logiciels
« libres ».
Le patrimoine d’applications dites « libres » ou « open source », créées par une communauté active, représente l’équivalent de 131 000 années/hommes, dont pratiquement la moitié provient de programmeurs européens. Si le coût virtuel en est de 12 Md €, le coût réel est de 1,2 Md € et les communautés de logiciels libres s’engagent gracieusement à proposer en continu des améliorations et
des applications. Le logiciel libre induit une économie moyenne de 36 % en recherche et développement pour les entreprises utilisatrices.
Il permet de créer une concurrence pour les logiciels propriétaires, dont les avantages sont différents. Leur part de marché n’est aujourd’hui que de 2 % (avec une croissance annuelle de 40 %) contre 98 % pour les logiciels dits « propriétaires ». Pour développer la concurrence, une série d’actions est nécessaire :
• Promouvoir la concurrence entre les logiciels propriétaires et les logiciels libres dans les appels d’offres, notamment publics. Un objectif de 20 % des applications nouvellement développées ou installées au profit du secteur public en open source pourrait être fixé à l’horizon 2012.
• Considérer fiscalement, comme aux États-Unis, les aides aux communautés des logiciels libres comme du mécénat de compétence.
• Exiger, à un niveau européen dans le cadre de la politique de la concurrence entre solutions logicielles, la fixation de normes internationales garantissant l’interopérabilité entre logiciels libres et les logiciels propriétaires, en priorité.

La réaction de l’Afdel :

Paris, le 23 janvier 2008.
En défendant la promotion exclusive et discriminatoire du logiciel libre, la Commission Attali fait manifestement, à l’inverse de nos partenaires européens, le choix du désinvestissement dans l’innovation ! Un parti pris jugé pour le moins iconoclaste par l’AFDEL, mais qui pourrait surtout à terme fragiliser davantage le cœur et le moteur de l’écosystème français des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) : l’industrie française du logiciel.

La Commission Attali tourne le dos à l’innovation
A l’heure où la France subit un décrochage prolongé vis-à-vis de ses voisins européens en Recherche et Développement privée (R&D), la 58e proposition de la Commission Attali apporte de façon étonnante son soutien exclusif et discriminatoire à un modèle de développement et de commercialisation du logiciel qui ne participe que marginalement à l’innovation et à la croissance. En effet, là où les entreprises du logiciel investissent entre 20 et 30% de leur chiffre d’affaires en R&D, les sociétés de logiciel libre, dont la R&D est très faible et externalisée, ne sont pas même éligibles aux dispositifs français d’aide à la recherche (Crédit Impôt recherche ou Jeune Entreprise Innovante). Reposant économiquement sur un modèle de service, le logiciel libre n’a ainsi, de l’avis des spécialistes, pas débouché à ce jour sur des innovations de rupture. La plupart de ses produits phare s’avèrent des clones –parfois améliorés - de produits déjà existant sous modèle propriétaire. La valeur ajoutée du modèle open source résidant davantage dans une stratégie commerciale qui vise à faire tomber les barrières à l’entrée, en déplaçant le prix du produit vers le service.
De la R&D virtuelle à la croissance virtuelle ?
Lorsque la Commission Attali évoque alors un investissement « virtuel en R&D de 12 Mds€ » au sujet du logiciel libre qui ne représente… que 2% du marché, l’AFDEL craint que la croissance attendue ne soit également virtuelle…Plutôt que d’évoquer la création de valeur, de richesses et d’emplois, le rapport évoque « des communautés en logiciels libres qui s’engagent gracieusement », oubliant de mentionner au passage que ces communautés sont en réalité composées des salariés des universités ou des entreprises informatiques. L’enjeu est le développement des emplois de nos chercheurs et développeurs, et non leur réduction…
Une stratégie coût plutôt qu’une stratégie d’investissement !
Plutôt que de tabler sur le gisement de croissance (8% en moyenne en 2007, 12% pour le Top 100 ) dont sont porteuses les 2500 entreprises françaises du logiciel qui emploient 60 000 personnes, la Commission Attali privilégie étonnamment une stratégie de coûts. Une stratégie qui table sur l’économie présupposée dans l’équipement des entreprises en logiciels qu’apporterait le choix de l’open source. Plutôt que d’être conçues comme un facteur d’amélioration de la productivité et des process en entreprises, les TIC sont ici conçues comme une charge ! Est-il besoin de rappeler que la contribution des TIC à la croissance est déjà deux fois moindre en France qu’aux Etats-Unis…
Un signal négatif au monde universitaire
C’est donc un signal négatif qui est donné à notre recherche publique dont la valorisation des talents fonctionne au ralenti par rapport à l’écosystème universitaire anglo-saxon. La propriété intellectuelle est pourtant bien le socle de cette économie de l’immatériel. Un déficit que soulignait il y a peu le rapport Lévy-Jouyet sur l’immatériel qui lui « recommandait de mettre en place un plan d’accompagnement des efforts de l’industrie du logiciel dans les domaines de la formation initiale, de l’internationalisation, de la R&D et de l’image de l’industrie (..) afin de faciliter le doublement du chiffre d’affaires d’une quinzaine de sociétés dont il est inférieur à 15 M€. ».
Les marchés publics fermés à l’industrie du logiciel propriétaire
La Commission prône enfin une accentuation de la discrimination dont pâtissent déjà les 2500 entreprises françaises dans leur accès aux marchés publics ! Une situation, contradictoire avec les règles des marchés publics, qui ferme de facto la porte de beaucoup de marchés publics à l’immense majorité des start-up et PME innovantes qui ont fait le choix du modèle propriétaire comme unique modèle susceptible de financer leur R&D. De la même manière, toute interopérabilité ne profiterait au marché et à la croissance, que si elle était conçue sur une base multiformats et en adéquation avec les standards existant sur le marché, sauf à définir alors une économie administrée des TIC.
L’Association Française des Editeurs de Logiciels souhaite en conclusion que la France sorte définitivement de ce débat stérile et franco-français qui veut opposer les différents modèles. L’heure étant plutôt aujourd’hui à la convergence des modèles et de leurs acquis. La vraie question est : Comment développer nos capacités de R&D en France et en particulier dans les TIC ? Comment mieux transformer ces innovations en valeur ? Comment enfin aider nos entreprises à croître et à devenir les champions de demain, quel que soit le modèle économique retenu…

Mise à jour : voir aussi la note suivante, sur la réaction d’éditeurs de logiciels libres

En mémoire des ambitions de Veritas

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En discutant ce matin avec François Lambel de l’actualité sur Precise Software et Jareva, dont Symantec a décidé de se débarrasser, je me suis souvenu avoir rencontré Veritas (donc avant son rachat par Symantec) au moment où l’éditeur présentait une offre de gestion des environnements applicatifs. Mercury (repris depuis par HP) et BMC avaient alors ouvert la voie du BSM (Business service management, qui ajoute une dimension métier à la supervision technique), et beaucoup de petits éditeurs très spécialisés se faisaient racheter à tours de bras. Il était important, notamment, que chaque grand acteur dispose d’une CMDB (Change - ou configuration - management database) digne de ce nom, capable non seulement d’inventorier correctement le SI d’une entreprise, mais aussi de tenir à jour tous les mouvements et les interrelations entre les composants matériels et logiciels.

Le challenge, pour Veritas, était plutôt de gérer les environnements virtualisés. Malheureusement, EMC a mis la main sur VMWare le premier, sonnant apparemment le glas des ambitions de Veritas. Et visiblement, Symantec n’a pas l’intention de se battre sur ce terrain.

Pour en revenir à ma rencontre avec Veritas, en 2004, voici l’article que j’avais écrit à ce moment-là ; je me suis dit qu’un peu d’éléments contextuels ne ferait pas de mal.

C’est officiel, Veritas a rejoint les marchés de la gestion des performances applicatives (APM) et de la gestion des services métiers (BSM). L’un ou l’autre, en fait, selon les analystes. L’éditeur, spécialisé au départ dans l’administration du stockage, préfère quant à lui parler d’informatique à la demande, ou de utility computing, lorsqu’il positionne la dernière version de i3, baptisée Veritas i3 v7. Il s’agit en tout cas de la première mise à jour du produit depuis que Veritas a acquis son concepteur, Precise, en 2002. Elle s’enrichit donc du savoir-faire de Veritas en matière de virtualisation du stockage mais aussi d’allocation des ressources serveurs (depuis le rachat de Jareva, aussi en 2002).

Paul Dominjon, responsable produit pour Veritas EMEA, résume l’idée générale du produit : « offrir une visibilité de bout en bout du système d’information, de l’URL au SQL ». Le module Insight collecte régulièrement les données de fonctionnement sur chaque partie du SI. Le module Indepth recommande des corrections, et sait simuler leur impact sur le fonctionnement du SI. Le module Inform gère les alertes et le reporting.

La surveillance des performances applicatives, de la disponibilité matérielle et réseau, ainsi que l’automatisation des actions correctives (comme réserver un deuxième serveur lorsque le premier atteint 95% de taux d’utilisation) sont le secret, pour Paul Dominjon, de coûts d’exploitation en baisse. C’est aussi un bon moyen pour Veritas de s’adresser aux DSI et aux grands intégrateurs et hébergeurs, et non plus seulement aux équipes de production et responsables du stockage. Avec un discours basé sur les accords de niveaux de service (SLA). C’est l’objet du portail Command Central, qui s’accompagnera d’ici quelques semaines d’un outil de refacturation. La DSI pourra alors préciser l’impact financier de toute requête d’une direction métier, par exemple une augmentation du nombre d’utilisateurs ou une amélioration des performances.

Face aux outils d’administration des HP, IBM ou Oracle, Veritas met en avant son côté agnostique et sa totale ouverture – concernant du moins les principaux fournisseurs dans chaque domaine. Et pour démarrer plus facilement sur un segment du SI, Veritas a mis en place des packages, par exemple pour du J2EE ou mySAP.

BEA-Oracle : l’avis de Massimo Pezzini (Gartner) (bis)

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Suite de la discussion avec Massimo Pezzini, VP Gartner et analyste distingué, que j’avais appelé il y a trois mois lors de l’offre d’achat d’Oracle sur BEA. Maintenant que le conseil d’administration de BEA a accepté l’offre (trois mois de marchandage pour 1,8 Md$ en plus, je dis chapeau), on va pouvoir aller un peu plus dans le concret. Encore que d’ici à ce que l’affaire soit définitivement close, vers cet automne probablement, Oracle ne dévoilera pas grand-chose de ses intentions. Sale période pour les employés de BEA.

Massimo_pezzini_gartner
Interview de Massimo Pezzini, vice-président de Gartner, analyste distingué

Par rapport à notre discussion d’octobre dernier, qu’est-ce qui a changé ?
Ce qui a changé, au fond, c’est juste le prix. La motivation d’Oracle reste la même : gagner des parts de marché. Oracle souhaite devenir beaucoup plus fort face à IBM, et, dans une certaine mesure, aussi contre Microsoft. IBM reste de loin le numéro un, mais dans certains segments, à croissance rapide, comme le BPM ou les ESB, le CA combiné de BEA et d’Oracle dépasse celui d’IBM.
Il y a aussi un autre élément. Quand nous avions discuté en octobre, on évoquait le fait qu’Oracle ait choisi de retirer BEA du marché afin que personne d’autre ne puisse mettre la main dessus. Or, nous avons bien vu que personne d’autre n’était intéressé.

Chez BEA, on a tendance à penser qu’Oracle a certes beaucoup vendu de logiciels, mais dispose de moins de références que BEA. Est-ce une vision juste ?
Eh bien, nul éditeur n’est à l’abri du ‘shelfware’ [logiciel acheté mais restant sur étagère, NDLR]. Mais les seules données objectives dont nous disposons sont celles des revenus, et clairement, Oracle, ces deux à trois dernières années, a significativement augmenté sa part de marché.

Est-il raisonnable d’envisager qu’Oracle crée une branche middleware dirigée par d’anciens de BEA ?
Non, je ne crois pas. Il y aura bien sûr des changements, mais Oracle a des dirigeants qui accompagnent la croissance du middleware depuis plusieurs années, des gens très valables comme Thomas Kurian.

Et au niveau des produits ?
Beaucoup seront mis en mode maintenance, d’autres intégrés au sein de l’offre Oracle. Certains continueront de vivre, des produits comme WebLogic ou Tuxedo qui ont probablement des centaines de milliers de déploiements, ce serait un suicide de les arrêter. D’autres produits sont complémentaires, comme la machine virtuelle Jrockit. Et beaucoup sont en situation de recouvrement. Dans tous les cas, Oracle va devoir prendre des décisions très difficiles.

Dans la mesure où les applications Fusion – l’offre progicielle d’Oracle - sont remaniées de façon à s’appuyer sur le middleware d’Oracle, cela réduit la marge de manœuvre, non ?
Tout à fait, toute la question est là. Il est possible que dans certains cas, Oracle privilégie des produits BEA aux siens, mais les besoins du progiciel prévaudront.

Les clients BEA ont-ils intérêt à acheter maintenant les produits qu’ils convoitaient, ou le mieux pour eux est-il d’attendre de voir ce qui se passe ?
Les clients sont dans une situation classique de ‘wait and see’. Pour des entreprises déjà clientes de BEA, sur WebLogic par exemple, il n’y a pas de raison de paniquer. En revanche, ce serait risqué d’investir maintenant sur des produits récents, comme l’Event Server.

Ce sont les produits les plus récents qui courent le plus de risque ? La gamme Aqualogic, par exemple ?
Pas nécessairement tout dans Aqualogic, le BPM a une énorme base installée, notamment. Mais c’est vrai qu’il y plus de risque. Nous aurons les réponses dans quelques mois, lorsque la transaction aura été approuvée par les instances de régulation du marché.

Sun-MySQL : interview de Zack Urlocker

Architecture/Middleware, Open Source, SGBD, langages & développement Pas de commentaires

Comme promis, voici un compte-rendu de mon entretien avec un VP de MySQL, Zack Urlocker. Il devait y avoir quelqu’un de Sun aussi, mais il a fait pschittt. Zack Urlocker, lui, a plutôt joué les disques rayés, dans un parfait exercice de langue de bois. Comme je le pressentais, je n’ai pas eu mieux que ce que Jonathan Schwartz a déjà écrit dans son blog. Mais bon, voici quand même quelques détails.

LeMondeInformatique.fr : Jusqu’à présent, MySQL n’avait levé que quelques millions de dollars. Comment expliquez-vous que Sun ait dépensé un milliard de dollars pour racheter MySQL ?
Zack Urlocker :
Du point de vue de MySQL, c’est un aboutissement, pour nos clients et pour nous. Et cela marque aussi un engagement significatif de Sun envers l’Open Source et la couche LAMP. Cela s’intègre aussi parfaitement dans la stratégie Open Source de Sun, avec OpenSolaris, Java, NetBeans, OpenOffice, etc.

Certes, mais comment expliquer que Sun ait dépensé un milliard de dollars ?
Sun ne commente pas sur les détails financiers.

Quel message voulez-vous faire passer à votre communauté ?
Je crois que c’est un grand engagement envers l’Open Source. Nous voulons être clairs sur le fait que Marten Mickos, CEO de MySQL, continuera de diriger les opérations au sein de Sun. MySQL fera partie de la division Software de Sun, et Marten Mickos sera sous la responsabilité de Rich Green. L’équipe de management et les fondateurs de MySQL sont tous à bord. Ce que je voudrais ajouter, c’est que cette acquisition nous donne plus de ressources que ce que nous avions en tant que société indépendante. Cela nous permet de viser un public plus large, car l’expertise de MySQL était vraiment sur les entreprises du Web et les petites et moyennes entreprises, tandis que Sun s’adresse aux grands comptes. C’est un grand vote de confiance qui va nous permettre de faire croître notre business à un rythme bien plus grand que ce qu’on aurait pu connaître en tant qu’indépendant.

Toutefois, il y avait des avantages à être indépendant. Désormais, vous faites partie d’un grand groupe qui vend aussi des solutions logicielles, un système d’exploitation, du matériel…
Je comprends l’objet de cette question. Mais depuis quelques années, Sun a vraiment opéré une transition. Sun supporte désormais Linux et Windows, travaille avec Intel, AMD, IBM, Dell… C’est une entreprise très ouverte aujourd’hui. Il n’y aura aucun changement pour nous, MySQL continuera de supporter Linux, Windows, PHP, Perl, Python… mais il y aura des améliorations dans le futur : support de Solaris, de Dtrace [outil d’administration, ndlr], et d’autres élément du portefeuille Sun.

Prévoyez-vous des évolutions prochaines de la feuille de route produits, ou cela se fera à plus long terme ?
Pas de changement à court terme. Les équipes de management et d’ingénierie de MySQL continueront comme avant, mais désormais nous bénéficions de davantage de ressources. Nous donnerons plus de détails sur la feuille de route dans quelques mois.

De même, les nouvelles offres de support de Sun seront dévoilées à ce moment ?
Oui. Les deux sociétés ont des modèles de souscription déjà en place. Donc je ne pense pas qu’il y ait de changement radical.

That’s all folks, rendez-vous demain pour les avis des analystes sur BEA-Oracle.

Oracle-BEA et Sun-MySQL, la concentration continue

Architecture/Middleware, Open Source, SGBD, langages & développement Pas de commentaires

Et voilà, on va déjeuner tranquille, on revient, et hop, BEA a finalement accepté - après moult récriminations et cris d’orfraie (ou de vierges effarouchées (à vrai dire, je n’ai pas d’élément de comparaison…)) - de se vendre à Oracle, pour 8,5 Md$, tandis que Sun fait un bon coup en reprenant MySQL pour un milliard de dollars.

On comprend mieux pourquoi Alfred Chuang, présent hier à Paris à la conférence utilisateurs de BEA, a annulé deux rendez-vous avec de grands clients français. En revanche, impossible d’en savoir plus. Autant Oracle avait très envie de me voir il y a quelques jours pour me raconter à quel point ils sont forts en SOA, autant je me suis pris un joli “no comment” au sujet du rachat. Chez BEA, on garde le silence, mais il est bien évident qu’il règne une certaine nervosité en interne. “Ce qu’on peut espérer, m’a confié quelqu’un, c’est qu’Oracle crée une division middleware.” Une branche dont BEA prendrait le contrôle, un peu comme les gens venus de Mercury ont pris une position avantageuse chez HP Software. Les analystes et spécialistes que j’avais contactés au moment de la première offre d’achat soulignaient en effet que BEA avait une certaine longueur d’avance sur l’offre middleware d’Oracle. Mais il y a aussi une question de politique : où en sont les travaux d’Oracle sur Fusion ? Qu’est-ce qui pourrait à terme être remis en cause ?

Côté Sun, on est bien plus expansif. Déjà, Jonathan Schartz a largement commenté l’annonce sur son blog avant même la traditionnelle conf call pour les analystes et la presse. Et d’ici une heure, j’aurai des haut gradés au téléphone, si vous avez des questions de votre côté ;-)

Les éditeurs d’ETL ne disent pas merci aux brevets logiciels

Brevets logiciels Pas de commentaires

Imaginez une boîte qui se dit un jour que, à tout prendre, elle va arrêter de faire de l’argent en vendant du logiciel, et va plutôt prendre de l’argent aux éditeurs de logiciels. Cela vous rappelle quelque chose ? Teilhard Technologies a pris ce virage au début des années 2000 : il fut décidé que la solution d’ETL de Juxtacomm ne servirait plus à intégrer des données mais à engranger des royalties. C’est vrai, quoi, avec des Oracle, IBM, Microsoft, Ascential, Informatica et j’en passe qui font l’effort d’évangéliser le marché, de développer le produit, et de le vendre, pourquoi se casser le popotin à faire de même alors qu’on peut simplement passer un accord de licence (Oracle a accepté) ou réclamer réparation devant une cour américaine ?!

Et promettre ainsi aux actionnaires un modèle de rentabilité exceptionnel…

Vous me direz, vu que le système des brevets logiciels permet ça, pourquoi s’en priver.

C’est moi, ou un jour j’ai cru entendre quelqu’un parler de nécessaire réforme du système des brevets ?

Les détails de l’affaire sur LeMondeInformatique.fr.
Via Groklaw.

Comment pousser à la consommation, par HP et Vista

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Il paraît que la décroissance est une alternative possible au toujours plus. Je veux bien. J’essaie même d’éviter de renouveler trop souvent mon matériel. Et c’est dur, je ne vous dis pas combien j’ai pesté devant ma vieille télé rabougrie, en maudissant sa longévité et sa qualité de fabrication et en bavant devant ces beaux et grands écrans LCD.

Aujourd’hui, j’ai un autre conseil pour éviter le toujours plus : rester sur XP au lieu de passer à Vista. Déjà, ça évitera que des jeux qui donnaient entière satisfaction à mes enfants ne fonctionnent plus. (Et franchement, remettre 30 ou 40 euros dans des jeux qui se font un malin plaisir à détraquer mes configurations d’écran - y compris celles des autres sessions utilisateurs, hum, merci Mindscape.) (D’ailleurs, si quelqu’un a une astuce pour m’éviter ça, merci d’avance !)

Nouvel ennui pendant les vacances de fin d’année. Chouette, une zolie photo de mes enfants avec le Père Noël, à partager avec tous donc, direction le scanner, dont je n’avais pas encore eu l’utilité, je branche la prise USB, Vista reconnaît son petit nom, super, ça roule, eh bien en fait non, il me demande un pilote. Qu’à cela ne tienne, tel le valeureux petit soldat confiant dans l’avenir que lui ont réservé les dieux de la technologie, je vais sur le site de HP, et là :

Hp4100c_notsupportedbyvista

En clair, pas de pilote, merci de racheter un scanner HP. Certes, mais il marche encore très bien, mon scanner. Tout comme mon APN 1 Mégapixel qui me fait des photos 10×13 tout à fait honnêtes contrairement à ce que voudraient nous faire croire tous les fabricants d’appareils photo numériques.

Bon, faut que je vous laisse, mon autoradio commence à avoir du mal à lire les CD, faut que je change de voiture… :-p

Rigolons-z-un brin pour commencer l’année

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Bonjour et très bonne année à tous !

(Et à tous ceux qui ont eu la gentillesse de m’écrire un mot, merci beaucoup, meilleurs voeux à vous aussi !)

Je vous propose une petite note d’humour pour commencer l’année. Pas de moi (je ne suis pas un rigolo, ça se saurait) mais de quelqu’un dont on n’imagine pas forcément (non plus ;-) qu’il a le sens de l’humour : mister Bill Gates himself, lors de son discours d’introduction au CES de Las Vegas.

Certains d’entre vous se souviennent peut-être de la vidéo de Bill Clinton mettant en scène ses derniers jours à la Maison-Blanche (avec Kevin Spacey récupérant son oscar des mains du président américain). Bill Gates a réalisé à peu près la même chose, mais en plus drôle, je trouve. D’autant que les guest stars abondent. On se dit par exemple que Matthew McConaughey a du pain sur la planche en tant que préparateur physique du fondateur de Microsoft. Ou que Steve Ballmer est pas mal dans son costume de Morpheus.

Autre mention spéciale à Ray Ozzie et Craig Mundie expliquant que Bill Gates est un visionnaire, et qu’on lui doit beaucoup d’innovations… comme Bob, l’interface graphique pour Windows 3.1 et 95 censée être intuitive, et qui a valu à Microsoft son plus grand flop !

Franchement, après un certain nombre de keynotes, on se lasse, mais celui-ci mérite un coup d’oeil.