Sun-MySQL : interview de Zack Urlocker

Architecture/Middleware, Open Source, SGBD, langages & développement Pas de commentaires

Comme promis, voici un compte-rendu de mon entretien avec un VP de MySQL, Zack Urlocker. Il devait y avoir quelqu’un de Sun aussi, mais il a fait pschittt. Zack Urlocker, lui, a plutôt joué les disques rayés, dans un parfait exercice de langue de bois. Comme je le pressentais, je n’ai pas eu mieux que ce que Jonathan Schwartz a déjà écrit dans son blog. Mais bon, voici quand même quelques détails.

LeMondeInformatique.fr : Jusqu’à présent, MySQL n’avait levé que quelques millions de dollars. Comment expliquez-vous que Sun ait dépensé un milliard de dollars pour racheter MySQL ?
Zack Urlocker :
Du point de vue de MySQL, c’est un aboutissement, pour nos clients et pour nous. Et cela marque aussi un engagement significatif de Sun envers l’Open Source et la couche LAMP. Cela s’intègre aussi parfaitement dans la stratégie Open Source de Sun, avec OpenSolaris, Java, NetBeans, OpenOffice, etc.

Certes, mais comment expliquer que Sun ait dépensé un milliard de dollars ?
Sun ne commente pas sur les détails financiers.

Quel message voulez-vous faire passer à votre communauté ?
Je crois que c’est un grand engagement envers l’Open Source. Nous voulons être clairs sur le fait que Marten Mickos, CEO de MySQL, continuera de diriger les opérations au sein de Sun. MySQL fera partie de la division Software de Sun, et Marten Mickos sera sous la responsabilité de Rich Green. L’équipe de management et les fondateurs de MySQL sont tous à bord. Ce que je voudrais ajouter, c’est que cette acquisition nous donne plus de ressources que ce que nous avions en tant que société indépendante. Cela nous permet de viser un public plus large, car l’expertise de MySQL était vraiment sur les entreprises du Web et les petites et moyennes entreprises, tandis que Sun s’adresse aux grands comptes. C’est un grand vote de confiance qui va nous permettre de faire croître notre business à un rythme bien plus grand que ce qu’on aurait pu connaître en tant qu’indépendant.

Toutefois, il y avait des avantages à être indépendant. Désormais, vous faites partie d’un grand groupe qui vend aussi des solutions logicielles, un système d’exploitation, du matériel…
Je comprends l’objet de cette question. Mais depuis quelques années, Sun a vraiment opéré une transition. Sun supporte désormais Linux et Windows, travaille avec Intel, AMD, IBM, Dell… C’est une entreprise très ouverte aujourd’hui. Il n’y aura aucun changement pour nous, MySQL continuera de supporter Linux, Windows, PHP, Perl, Python… mais il y aura des améliorations dans le futur : support de Solaris, de Dtrace [outil d’administration, ndlr], et d’autres élément du portefeuille Sun.

Prévoyez-vous des évolutions prochaines de la feuille de route produits, ou cela se fera à plus long terme ?
Pas de changement à court terme. Les équipes de management et d’ingénierie de MySQL continueront comme avant, mais désormais nous bénéficions de davantage de ressources. Nous donnerons plus de détails sur la feuille de route dans quelques mois.

De même, les nouvelles offres de support de Sun seront dévoilées à ce moment ?
Oui. Les deux sociétés ont des modèles de souscription déjà en place. Donc je ne pense pas qu’il y ait de changement radical.

That’s all folks, rendez-vous demain pour les avis des analystes sur BEA-Oracle.

Oracle-BEA et Sun-MySQL, la concentration continue

Architecture/Middleware, Open Source, SGBD, langages & développement Pas de commentaires

Et voilà, on va déjeuner tranquille, on revient, et hop, BEA a finalement accepté - après moult récriminations et cris d’orfraie (ou de vierges effarouchées (à vrai dire, je n’ai pas d’élément de comparaison…)) - de se vendre à Oracle, pour 8,5 Md$, tandis que Sun fait un bon coup en reprenant MySQL pour un milliard de dollars.

On comprend mieux pourquoi Alfred Chuang, présent hier à Paris à la conférence utilisateurs de BEA, a annulé deux rendez-vous avec de grands clients français. En revanche, impossible d’en savoir plus. Autant Oracle avait très envie de me voir il y a quelques jours pour me raconter à quel point ils sont forts en SOA, autant je me suis pris un joli “no comment” au sujet du rachat. Chez BEA, on garde le silence, mais il est bien évident qu’il règne une certaine nervosité en interne. “Ce qu’on peut espérer, m’a confié quelqu’un, c’est qu’Oracle crée une division middleware.” Une branche dont BEA prendrait le contrôle, un peu comme les gens venus de Mercury ont pris une position avantageuse chez HP Software. Les analystes et spécialistes que j’avais contactés au moment de la première offre d’achat soulignaient en effet que BEA avait une certaine longueur d’avance sur l’offre middleware d’Oracle. Mais il y a aussi une question de politique : où en sont les travaux d’Oracle sur Fusion ? Qu’est-ce qui pourrait à terme être remis en cause ?

Côté Sun, on est bien plus expansif. Déjà, Jonathan Schartz a largement commenté l’annonce sur son blog avant même la traditionnelle conf call pour les analystes et la presse. Et d’ici une heure, j’aurai des haut gradés au téléphone, si vous avez des questions de votre côté ;-)