En mémoire des ambitions de Veritas
janvier 18, 2008 Non classé Pas de commentairesEn discutant ce matin avec François Lambel de l’actualité sur Precise Software et Jareva, dont Symantec a décidé de se débarrasser, je me suis souvenu avoir rencontré Veritas (donc avant son rachat par Symantec) au moment où l’éditeur présentait une offre de gestion des environnements applicatifs. Mercury (repris depuis par HP) et BMC avaient alors ouvert la voie du BSM (Business service management, qui ajoute une dimension métier à la supervision technique), et beaucoup de petits éditeurs très spécialisés se faisaient racheter à tours de bras. Il était important, notamment, que chaque grand acteur dispose d’une CMDB (Change - ou configuration - management database) digne de ce nom, capable non seulement d’inventorier correctement le SI d’une entreprise, mais aussi de tenir à jour tous les mouvements et les interrelations entre les composants matériels et logiciels.
Le challenge, pour Veritas, était plutôt de gérer les environnements virtualisés. Malheureusement, EMC a mis la main sur VMWare le premier, sonnant apparemment le glas des ambitions de Veritas. Et visiblement, Symantec n’a pas l’intention de se battre sur ce terrain.
Pour en revenir à ma rencontre avec Veritas, en 2004, voici l’article que j’avais écrit à ce moment-là ; je me suis dit qu’un peu d’éléments contextuels ne ferait pas de mal.
C’est officiel, Veritas a rejoint les marchés de la gestion des performances applicatives (APM) et de la gestion des services métiers (BSM). L’un ou l’autre, en fait, selon les analystes. L’éditeur, spécialisé au départ dans l’administration du stockage, préfère quant à lui parler d’informatique à la demande, ou de utility computing, lorsqu’il positionne la dernière version de i3, baptisée Veritas i3 v7. Il s’agit en tout cas de la première mise à jour du produit depuis que Veritas a acquis son concepteur, Precise, en 2002. Elle s’enrichit donc du savoir-faire de Veritas en matière de virtualisation du stockage mais aussi d’allocation des ressources serveurs (depuis le rachat de Jareva, aussi en 2002).
Paul Dominjon, responsable produit pour Veritas EMEA, résume l’idée générale du produit : « offrir une visibilité de bout en bout du système d’information, de l’URL au SQL ». Le module Insight collecte régulièrement les données de fonctionnement sur chaque partie du SI. Le module Indepth recommande des corrections, et sait simuler leur impact sur le fonctionnement du SI. Le module Inform gère les alertes et le reporting.
La surveillance des performances applicatives, de la disponibilité matérielle et réseau, ainsi que l’automatisation des actions correctives (comme réserver un deuxième serveur lorsque le premier atteint 95% de taux d’utilisation) sont le secret, pour Paul Dominjon, de coûts d’exploitation en baisse. C’est aussi un bon moyen pour Veritas de s’adresser aux DSI et aux grands intégrateurs et hébergeurs, et non plus seulement aux équipes de production et responsables du stockage. Avec un discours basé sur les accords de niveaux de service (SLA). C’est l’objet du portail Command Central, qui s’accompagnera d’ici quelques semaines d’un outil de refacturation. La DSI pourra alors préciser l’impact financier de toute requête d’une direction métier, par exemple une augmentation du nombre d’utilisateurs ou une amélioration des performances.
Face aux outils d’administration des HP, IBM ou Oracle, Veritas met en avant son côté agnostique et sa totale ouverture – concernant du moins les principaux fournisseurs dans chaque domaine. Et pour démarrer plus facilement sur un segment du SI, Veritas a mis en place des packages, par exemple pour du J2EE ou mySAP.

