BEA-Oracle : l’avis de Massimo Pezzini (Gartner) (bis)

12:44 Architecture/Middleware

Suite de la discussion avec Massimo Pezzini, VP Gartner et analyste distingué, que j’avais appelé il y a trois mois lors de l’offre d’achat d’Oracle sur BEA. Maintenant que le conseil d’administration de BEA a accepté l’offre (trois mois de marchandage pour 1,8 Md$ en plus, je dis chapeau), on va pouvoir aller un peu plus dans le concret. Encore que d’ici à ce que l’affaire soit définitivement close, vers cet automne probablement, Oracle ne dévoilera pas grand-chose de ses intentions. Sale période pour les employés de BEA.

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Interview de Massimo Pezzini, vice-président de Gartner, analyste distingué

Par rapport à notre discussion d’octobre dernier, qu’est-ce qui a changé ?
Ce qui a changé, au fond, c’est juste le prix. La motivation d’Oracle reste la même : gagner des parts de marché. Oracle souhaite devenir beaucoup plus fort face à IBM, et, dans une certaine mesure, aussi contre Microsoft. IBM reste de loin le numéro un, mais dans certains segments, à croissance rapide, comme le BPM ou les ESB, le CA combiné de BEA et d’Oracle dépasse celui d’IBM.
Il y a aussi un autre élément. Quand nous avions discuté en octobre, on évoquait le fait qu’Oracle ait choisi de retirer BEA du marché afin que personne d’autre ne puisse mettre la main dessus. Or, nous avons bien vu que personne d’autre n’était intéressé.

Chez BEA, on a tendance à penser qu’Oracle a certes beaucoup vendu de logiciels, mais dispose de moins de références que BEA. Est-ce une vision juste ?
Eh bien, nul éditeur n’est à l’abri du ‘shelfware’ [logiciel acheté mais restant sur étagère, NDLR]. Mais les seules données objectives dont nous disposons sont celles des revenus, et clairement, Oracle, ces deux à trois dernières années, a significativement augmenté sa part de marché.

Est-il raisonnable d’envisager qu’Oracle crée une branche middleware dirigée par d’anciens de BEA ?
Non, je ne crois pas. Il y aura bien sûr des changements, mais Oracle a des dirigeants qui accompagnent la croissance du middleware depuis plusieurs années, des gens très valables comme Thomas Kurian.

Et au niveau des produits ?
Beaucoup seront mis en mode maintenance, d’autres intégrés au sein de l’offre Oracle. Certains continueront de vivre, des produits comme WebLogic ou Tuxedo qui ont probablement des centaines de milliers de déploiements, ce serait un suicide de les arrêter. D’autres produits sont complémentaires, comme la machine virtuelle Jrockit. Et beaucoup sont en situation de recouvrement. Dans tous les cas, Oracle va devoir prendre des décisions très difficiles.

Dans la mesure où les applications Fusion – l’offre progicielle d’Oracle - sont remaniées de façon à s’appuyer sur le middleware d’Oracle, cela réduit la marge de manœuvre, non ?
Tout à fait, toute la question est là. Il est possible que dans certains cas, Oracle privilégie des produits BEA aux siens, mais les besoins du progiciel prévaudront.

Les clients BEA ont-ils intérêt à acheter maintenant les produits qu’ils convoitaient, ou le mieux pour eux est-il d’attendre de voir ce qui se passe ?
Les clients sont dans une situation classique de ‘wait and see’. Pour des entreprises déjà clientes de BEA, sur WebLogic par exemple, il n’y a pas de raison de paniquer. En revanche, ce serait risqué d’investir maintenant sur des produits récents, comme l’Event Server.

Ce sont les produits les plus récents qui courent le plus de risque ? La gamme Aqualogic, par exemple ?
Pas nécessairement tout dans Aqualogic, le BPM a une énorme base installée, notamment. Mais c’est vrai qu’il y plus de risque. Nous aurons les réponses dans quelques mois, lorsque la transaction aura été approuvée par les instances de régulation du marché.

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