Combien d’utilisateurs de Yahoo partiraient en cas de Microsoftisation ?
février 5, 2008 Non classé Pas de commentairesTout ce que la planète IT compte d’experts s’est maintenant exprimé sur l’OPA de Microsoft sur Yahoo. Je ne sais pas vous, mais moi je ne suis pas beaucoup plus avancé. Non seulement l’issue est incertaine (quoique des actionnaires classiques devraient accepter sans rechigner une offre de 62% au-dessus du cours - surprime évaluée au moment de l’offre, mais le cours a bien grimpé depuis), mais en outre l’issue des services en ligne est elle aussi incertaine.
On peut tout au plus émettre des hypothèses. Et une seule certitude si la fusion a lieu : des dents vont grincer. Si les utilisateurs des services Yahoo avaient voulu profiter des services Live & co de Microsoft, ils l’auraient fait eux-mêmes comme des grands. Pour beaucoup - les utilisateurs de services Open Source comme Zimbra, notamment - passer dans le giron Microsoft semblera tout bonnement impossible.
Déjà, Flickr, site de partage de photos racheté par Yahoo en 2005, compte un groupe nommé “Microsoft: keep your evil grubby hands off of our Flickr”, fort de près de 2000 membres. Et il n’est pas besoin d’être grand clerc pour imaginer que si des services étaient fusionnés (messagerie instantanée, webmail…), les “clients” de Yahoo ne seraient pas à la fête. Ceci dit, même si la marque est conservée, il y a aussi de fortes chances que les développements des services communs soient communs - après tout, nous vivons dans un monde où la rationalisation est une vertu essentielle, non ?
Autre raison de grincer des dents : jouer avec trois services en ligne permettait de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier, de ne pas tout dévoiler de sa vie à un fournisseur de services. Si l’OPA réussit, il y aura grosso modo le choix entre deux mastodontes. Le contrat avec ces fournisseurs de services était certes implicite - venez utiliser mes beaux services gratuitement et moi je vends la pub autour - mais on comprend l’inquiétude des défenseurs des libertés individuelles.
Un expert estimait que payer un peu plus de 44 milliards de dollars pour mettre la main sur 500 millions d’utilisateurs, ce n’est pas si cher payé. Cela revient à un coût d’acquisition d’un abonné à 89 dollars environ, ce qui est de fait très honnête (de mémoire, pour un FAI, ça peut grimper dans les 400 euros, surtout s’il fait beaucoup de pub avec un joli mannequin…). Mais combien resteront ? Le choc culturel sera aussi rude au sein des équipes que pour les utilisateurs. Donc si un Microhoo émerge, bon courage !

