Interview du (nouveau) CEO de Netvibes : enfin un modèle économique !
mai 30, 2008 6:37 Médias/Weblogs, SGBD, langages & développementNetvibes a un nouveau patron, et cela se sent. Freddy Mini, ex-DG du groupe, a remplacé Tariq Krim au poste de CEO de Netvibes (cf. notre article , ou le CP officiel ).
J’ai donc aussitôt contacté Tariq Krim (ma x-ième demande d’interview), qui m’a orienté vers Freddy Mini… qui m’a répondu tout de suite. Et expliqué que oui, oui, pas de souci, il allait pouvoir me renseigner sur le modèle économique de Netvibes. Dingue, non ?
Voilà donc l’interview !
Comment a été prise la décision de votre nomination au poste de CEO de Netvibes, en remplacement de Tariq Krim ?
La décision a été prise par le conseil d’administration. Cela faisait plusieurs mois que nous discutions avec Tariq du bon moment pour cette transition. Il fallait que la société soit sur les rails, afin d’être davantage pilotée par le business, sachant que Tariq resterait sur la partie vision, futur. La société a bientôt trois ans ; elle a connu une sorte de courbe, elle est passée d’un modèle 100% vision technologique au début à un moment où le business peut dominer.
Le modèle économique de Netvibes est donc plus clair ?
Oui, la transition a justement lieu maintenant parce que la dernière version de la plateforme, Ginger, disponible depuis le 22 avril, nous donne les moyens de mettre en oeuvre le ‘business model’. Ce dernier repose sur deux piliers : le B2B, qui consiste à bâtir des ‘premium univers’ pour des partenaires médias, comme Le Figaro ou Les Echos. Nous fournissons un iframe, le partenaire garde l’URL et la publicité. Nous facturons alors selon le degré d’intégration et percevons un loyer mensuel. Nous vendons cette solution depuis octobre dernier. Le deuxième étage de la fusée, lui, n’était possible qu’avec la version actuelle : il fallait qu’on ait les widgets à l’intérieur du système, et Ginger intègre les 120 000 widgets. Les trois premiers de toutes les listes sont sponsorisés – nous sommes bien clairs sur le fait que c’est pour cela qu’ils sont devant tout le monde.
Vous comptez donc surtout, désormais, sur ce modèle économique lié au widget, plus que sur l’ancien modèle B2B ?
Le B2B est un fonds de commerce très intéressant : il est récurrent – grâce aux loyers mensuels – donc très sécurisant. Par contre, ce n’est pas un business révolutionnaire. La belle opportunité, qui peut mettre Netvibes sur une autre dimension, c’est le CPI, coût par installation. Nous sommes, comme avait titré Newsweek, dans l’année du widget. Une société comme Slide a 172 millions d’utilisateurs pour son widget de création de diaporama. Les deux plus importants systèmes d’exploitation du moment, Vista et MacOS X, qui représentent environ un PC sur cinq, sont livrés avec des widgets. Donc avant même d’ouvrir un navigateur, l’utilisateur est en contact avec le contenu !
Le widget est donc l’avenir…
Il comble un trou. Si vous êtes ‘marketeur’ aujourd’hui, vous avez le choix entre la bannière de pub, payée au clic ou au CPM (coût pour mille impressions rétiniennes, NDLR). L’inconvénient est que ça s’arrête quand il n’y a plus d’argent. A l’autre bout, il y a le marketing direct, qui consiste à pousser quelqu’un à s’abonner à une newsletter, en espérant que le retour sur investissement soit le plus long possible, en faisant en sorte que la newsletter soit la plus utile possible. Ce mode présente une très forte rémanence – puisque ça continue une fois que c’est enclenché – mais ça n marche que si l’utilisateur ouvre le mail dans sa boîte. Au milieu, vous avez le widget, qui a les avantages des deux mondes : c’est devant l’utilisateur, et si c’est bien fait, utile, alors il le laissera là . C’est pour cette raison que je crois à une position ultra-intéressante de distributeur de widgets. D’autant que si vous y ajoutez la techno UWA (sortie il y a un peu plus d’un an), nos widgets marchent sans modification dans iGoogle, sur Vista, MacOS…
Et vous vous rémunérez au nombre d’utilisateurs installant le widget ?
Exactement. Les ordres d’insertion sont déterminés en fonction d’enchères, qui ont lieu tous les jeudis. En ce moment, il faut débourser entre 0,75 et 1,50 dollar par installation.
Quel est votre chiffre d’affaires aujourd’hui ?
Ca, je ne le dirai pas. Mais il continue de progresser, et nous espérons atteindre l’équilibre en milieu d’année prochaine.
Que devient Tariq ?
Il parle de prendre de vacances, je l’envie un peu… En tout cas, il reste au conseil – j’y suis aussi désormais – et j’en profite pour le remercier officiellement et publiquement.


juin 2nd, 2008 at 13:54
[…] lire aussi l’interview de Freddy Mini sur le blog d’Olivier Rafal, on y apprend que les widgets devraient être le coeur du nouveau business model de Netvibes.. […]