Weblogic devient le serveur d’applications d’Oracle

Architecture/Middleware, SGBD, langages & développement 1 Commentaire

L’info au moment où on l’a : Thomas Kurian, le responsable du middleware chez Oracle, propose en ce moment un webcast sur la stratégie d’Oracle suite à l’acquisition de BEA. L’information principale : le serveur d’applications Java retenu est celui de BEA. Des éléments du serveur d’Oracle y seront ajoutés (le mapping O/R avec Toplink, par exemple), et les clients de l’offre progicielle d’Oracle n’auront pas à migrer, mais la décision a été prise.

Les ESB seront fusionnés, ainsi que les outils de gestion des processus (BPM) et les gestionnaires d’événements (CEP). Côté développement, les éléments de BEA Workshops seront introduits dans un tout nouveau "Eclipse pack" qui sera fourni gratuitement avec Oracle JDeveloper.

Je ferai bientôt un article avec des précisions complémentaires !

SOA et B2B : Sterling Commerce tente de sortir de la discrétion

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Il y a pire à vendre que la SOA. C’est la SOA pour le B2B. Sterling Commerce en fait l’expérience depuis quelques années. Lire la suite…

JBoss BlackTie ne remplacera pas Tuxedo de si tôt

Architecture/Middleware, Open Source 1 Commentaire

Chapeau rouge et cravate noire comme arme anti-Tuxedo, l’image est belle, mais je crains qu’il faille plus pour encourager les entreprises dont les SI reposent sur le moniteur transactionnel de BEA pour bouger vers une offre Open Source.

Reprenons : lors de son JBoss World à Orlando, Red Hat a clamé haut et fort son ambition de devenir un acteur majeur des SOA. A côté de ça, plusieurs initiatives et projets ont été lancés, dont le projet BlackTie, un moniteur transactionnel 100% compatible (pour ne pas dire un clone) avec Tuxedo, la référence du secteur, qui a assis la réputation de sérieux de BEA et lui procure aujourd’hui un confortable revenu récurrent.

Combien ? Difficile de l’estimer précisément. Marc Fleury, citant Alfred Chuang, parle de 150 M$ par an. Dans les rapports financiers de BEA, on peut aussi lire que sur les 6 premiers mois de 2007, les revenus de maintenance et de support (tous produits confondus, et Weblogic doit aussi peser pour une bonne part) ont représenté 373,2 M$ (sur un CA total de 710,5 M$), un chiffre en hausse de 19,8% par rapport à la période équivalente de 2006.

Dans tous les cas, les revenus de maintenance sont une des pépites qu’Oracle pense acquérir en rachetant BEA (cf. mes précédents billets sur BEA). Marc Fleury se réjouit donc à l’avance du bon coup que JBoss, enfin, Red Hat, vient de jouer, en coupant l’herbe sous le pied d’Oracle. Certes. Mais quand on voit justement les difficultés qu’éprouve Red Hat à positionner son middleware Open Source en tant que plateforme d’entreprise pour les SOA, il y a encore du chemin à parcourir d’ici à ce que BlackTie 1) devienne un produit viable et 2) inspire suffisamment confiance à des DSI pour qu’ils acceptent d’y recourir pour remplacer leur Tuxedo.

Oh, oui, je veux bien croire que Tuxedo leur coûte très cher. Mais il a le grand avantage de fonctionner, et constitue à cet égard le socle de nombreux systèmes transactionnels. Ou, pour parler business, toucher à Tuxedo pourrait coûter des millions en cas de souci. Peu de DSI ont franchi ce pas en remplaçant, par exemple, Oracle par du MySQL. Et je ne crois pas que ça change, même si maintenant Sun est derrière. Au mieux, le nombre de grands projets démarrant aujourd’hui et recourant à MySQL devrait augmenter, mais quant à toucher à ce qui fonctionne…

En résumé, bravo pour ce projet communautaire (donc à voir sur jboss.org) de concurrence Open Source, et bon courage pour le diffuser !

BEA-Oracle : l’avis de Massimo Pezzini (Gartner) (bis)

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Suite de la discussion avec Massimo Pezzini, VP Gartner et analyste distingué, que j’avais appelé il y a trois mois lors de l’offre d’achat d’Oracle sur BEA. Maintenant que le conseil d’administration de BEA a accepté l’offre (trois mois de marchandage pour 1,8 Md$ en plus, je dis chapeau), on va pouvoir aller un peu plus dans le concret. Encore que d’ici à ce que l’affaire soit définitivement close, vers cet automne probablement, Oracle ne dévoilera pas grand-chose de ses intentions. Sale période pour les employés de BEA.

Massimo_pezzini_gartner
Interview de Massimo Pezzini, vice-président de Gartner, analyste distingué

Par rapport à notre discussion d’octobre dernier, qu’est-ce qui a changé ?
Ce qui a changé, au fond, c’est juste le prix. La motivation d’Oracle reste la même : gagner des parts de marché. Oracle souhaite devenir beaucoup plus fort face à IBM, et, dans une certaine mesure, aussi contre Microsoft. IBM reste de loin le numéro un, mais dans certains segments, à croissance rapide, comme le BPM ou les ESB, le CA combiné de BEA et d’Oracle dépasse celui d’IBM.
Il y a aussi un autre élément. Quand nous avions discuté en octobre, on évoquait le fait qu’Oracle ait choisi de retirer BEA du marché afin que personne d’autre ne puisse mettre la main dessus. Or, nous avons bien vu que personne d’autre n’était intéressé.

Chez BEA, on a tendance à penser qu’Oracle a certes beaucoup vendu de logiciels, mais dispose de moins de références que BEA. Est-ce une vision juste ?
Eh bien, nul éditeur n’est à l’abri du ‘shelfware’ [logiciel acheté mais restant sur étagère, NDLR]. Mais les seules données objectives dont nous disposons sont celles des revenus, et clairement, Oracle, ces deux à trois dernières années, a significativement augmenté sa part de marché.

Est-il raisonnable d’envisager qu’Oracle crée une branche middleware dirigée par d’anciens de BEA ?
Non, je ne crois pas. Il y aura bien sûr des changements, mais Oracle a des dirigeants qui accompagnent la croissance du middleware depuis plusieurs années, des gens très valables comme Thomas Kurian.

Et au niveau des produits ?
Beaucoup seront mis en mode maintenance, d’autres intégrés au sein de l’offre Oracle. Certains continueront de vivre, des produits comme WebLogic ou Tuxedo qui ont probablement des centaines de milliers de déploiements, ce serait un suicide de les arrêter. D’autres produits sont complémentaires, comme la machine virtuelle Jrockit. Et beaucoup sont en situation de recouvrement. Dans tous les cas, Oracle va devoir prendre des décisions très difficiles.

Dans la mesure où les applications Fusion – l’offre progicielle d’Oracle - sont remaniées de façon à s’appuyer sur le middleware d’Oracle, cela réduit la marge de manœuvre, non ?
Tout à fait, toute la question est là. Il est possible que dans certains cas, Oracle privilégie des produits BEA aux siens, mais les besoins du progiciel prévaudront.

Les clients BEA ont-ils intérêt à acheter maintenant les produits qu’ils convoitaient, ou le mieux pour eux est-il d’attendre de voir ce qui se passe ?
Les clients sont dans une situation classique de ‘wait and see’. Pour des entreprises déjà clientes de BEA, sur WebLogic par exemple, il n’y a pas de raison de paniquer. En revanche, ce serait risqué d’investir maintenant sur des produits récents, comme l’Event Server.

Ce sont les produits les plus récents qui courent le plus de risque ? La gamme Aqualogic, par exemple ?
Pas nécessairement tout dans Aqualogic, le BPM a une énorme base installée, notamment. Mais c’est vrai qu’il y plus de risque. Nous aurons les réponses dans quelques mois, lorsque la transaction aura été approuvée par les instances de régulation du marché.

Oracle-BEA et Sun-MySQL, la concentration continue

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Et voilà, on va déjeuner tranquille, on revient, et hop, BEA a finalement accepté - après moult récriminations et cris d’orfraie (ou de vierges effarouchées (à vrai dire, je n’ai pas d’élément de comparaison…)) - de se vendre à Oracle, pour 8,5 Md$, tandis que Sun fait un bon coup en reprenant MySQL pour un milliard de dollars.

On comprend mieux pourquoi Alfred Chuang, présent hier à Paris à la conférence utilisateurs de BEA, a annulé deux rendez-vous avec de grands clients français. En revanche, impossible d’en savoir plus. Autant Oracle avait très envie de me voir il y a quelques jours pour me raconter à quel point ils sont forts en SOA, autant je me suis pris un joli “no comment” au sujet du rachat. Chez BEA, on garde le silence, mais il est bien évident qu’il règne une certaine nervosité en interne. “Ce qu’on peut espérer, m’a confié quelqu’un, c’est qu’Oracle crée une division middleware.” Une branche dont BEA prendrait le contrôle, un peu comme les gens venus de Mercury ont pris une position avantageuse chez HP Software. Les analystes et spécialistes que j’avais contactés au moment de la première offre d’achat soulignaient en effet que BEA avait une certaine longueur d’avance sur l’offre middleware d’Oracle. Mais il y a aussi une question de politique : où en sont les travaux d’Oracle sur Fusion ? Qu’est-ce qui pourrait à terme être remis en cause ?

Côté Sun, on est bien plus expansif. Déjà, Jonathan Schartz a largement commenté l’annonce sur son blog avant même la traditionnelle conf call pour les analystes et la presse. Et d’ici une heure, j’aurai des haut gradés au téléphone, si vous avez des questions de votre côté ;-)

BEA-Oracle : Butler Group compare Oracle à CA

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Butler Group a réagi à l’offre d’achat d’Oracle sur BEA, la comparant à la vieille stratégie de CA. Sauf que dans le cas d’Oracle, précise l’analyste Rob Hailstone, les victimes sont encore bien vivantes ! Je vous laisse apprécier son commentaire :

"Some
15 or more years ago I was in the audience at an IT conference,
listening to Larry Ellison describing CA as a ‘bottom-feeder’. Since I
was working for CA at the time this rankled a bit, but it was certainly
true that CA had evolved a good business model that included acquiring
end-of-life software companies where there was a substantial user base
in need of ongoing support. The last few years has seen Oracle adopt a
variation on this bottom-feeder business model – it doesn’t wait for
the victim to be
near the end, but puts the knife in at the first sign of weakness. In
the case of BEA it has been making regular attacks on the company for
years, apparently with the purpose of weakening its perception in the
marketplace. Now that BEA has scored an own goal by having to delay its
financial
filings, there is a short period when it will be difficult to establish
the true worth of the company. This represents a period of weakness
that Oracle has been quick to exploit."

Pour le reste, Rob Hailstone n’apporte pas énormément au débat (à vrai dire, tous les commentaires possibles ont été faits au moment du rachat de Peoplesoft et, hormis le fait qu’il s’agisse de middleware et non d’applicatif, on pourrait reprendre les mêmes analyses et remplacer le nom Peoplesoft par BEA). Comme il le souligne, donc, même si l’OPA devait échouer, BEA en sortirait très affaibli. Si des clients n’avaient pas encore capté que BEA était une proie potentielle malgré les affirmations contraires d’Alfred Chuang, voilà qui est fait. La meilleure option, celle du chevalier blanc, serait, pour Butler Group, que HP se décide à retenter un essai sur le terrain du middleware.

"IBM
would be the most obvious competition for Oracle, and it has also been
very active on the acquisition trail recently. However, the same issue
of product set overlap would make this equally unwelcome to BEA’s
customers and board. However, BEA has been very successful in
partnering with HP, and since HP abandoned its SOA platform foray
(which it entered through the earlier acquisition of Bluestone) the two
product sets have become extremely complementary. HP has waded into the
SOA management and
governance market through the acquisition of Mercury, but has steered
clear of providing its own SOA platform. The combination of HP and BEA,
if executed well, would create a significant force in the industry and
a natural balance to the otherwise dominant IBM and Oracle."

HP fera-t-il une offre à 7 milliards de dollars ? Suspense… Ces parties de Monopoly géantes seraient presque drôles, n’étaient les conséquences pour les employés et les clients…

BEA-Oracle : l’avis d’Henry Peyret (Forrester)

Architecture/Middleware, Interviews 1 Commentaire

[Mise à jour du 16/01/2008 : ça y est, c’est fait !]

Suite de mes entretiens sur BEA-Oracle (et ça risque de m’occuper un moment, cette histoire, vu la chaude ambiance entre les instances dirigeantes des deux éditeurs…). J’ai eu Henry Peyret (analyste senior chez Forrester) au téléphone, voici notre entretien :

Comment vois-tu un éventuel rachat de BEA par Oracle ?
Cela représente un tel recouvrement que ça va être difficile, cela veut dire beaucoup de rationalisation, et donc pas de valeur ajoutée pour les clients. Cela permet simplement à Oracle de grossir rapidement et de contrer un adversaire, comme le pense Massimo. On peut même reprendre cette idée et la pousser plus loin : cela permet de contrer SAP, un peu en retard avec sa plateforme middleware, et qui avec BEA aurait eu une plateforme au top. C’est le bon moment, sachant que SAP aurait eu du mal à intégrer deux acquisitions en même temps.

Cependant, BO continuera d’exister de façon autonome, donc on peut penser que cela ne serait pas si compliqué…
Oui, mais il y a quand même du recouvrement avec SAP BW.

Et SAP aurait eu l’argent nécessaire pour acheter BEA en plus de BO ?
SAP a énormément d’argent en banque. Cependant, il essaie généralement de ne pas payer trop cher (à cet égard, BO est un peu l’exception qui confirme la règle). C’est pourquoi par exemple Retek leur est passé sous le nez.

Dans tous les cas, tant que l’avenir de BEA n’est pas réglé, l’éditeur risque de ne plus vendre de nouvelles licences…
Oui, c’est tout le danger.

Du coup, est-ce envisageable qu’il se retire du marché ?
Il faudrait qu’ils aient beaucoup plus d’argent que ce qu’ils ont. Leur jeu est plutôt de faire monter les enchères, et d’attendre un sauveur, un cheval blanc. L’indépendance de BEA, j’y crois de moins en moins. Cela fait quelques mois qu’on pense qu’ils n’ont pas pris le bon virage, il aurait fallu être plus agressif dans les rachats.

Qui pourrait proposer une offre concurrente à celle d’Oracle ?
IBM pourrait être intéressé par les parts de marché et quelques technologies : je pense notamment à la machine virtuelle Jrockit, et à des offres spécifiques pour le monde de la finance ou celui des télécoms. On a parlé de HP, mais chez Forrester on n’y a jamais vraiment cru. Il y a Sun aussi, qui pourrait être intéressé.

Sun a pourtant racheté Seebeyond il n’y a pas si longtemps.
Oui, mais le recouvrement n’est pas énorme, cela ferait beaucoup de sens. Enfin, il y a Cisco. Comme le rappelle John Rymer [vice-président et analyste principal de Forrester, NDLR], John Chambers [le patron de Cisco, NDLR] dit souvent que le futur de Cisco est dans le logiciel. Cisco a une offre relativement peu connue dans les « dynamic business apps ». Cela ferait beaucoup de sens, d’autant qu’ils cherchent à intégrer des briques applicatives dans les routeurs.

Computer Associates ou Fujitsu pourraient aussi racheter ?
Je ne suis pas certain que CA soit le meilleur cheval. Quant à Fujitsu, on n’y croit pas beaucoup. On a rarement vu une société japonaise vendre du logiciel aux Etats-Unis, or vu la répartition du chiffre d’affaires de BEA, ce serait mettre une croix sur une grande part du revenu.

Le meilleur parti pour BEA pourrait donc bien être Cisco ?
Eh bien, on n’a jamais vu non plus Cisco racheter une société aussi importante et continuer le business. Il y aura certes des synergies au niveau technologique, mais cela ne veut pas dire qu’il y aura automatiquement des synergies au niveau des ventes, par exemple. On ne vend pas des logiciels comme on vend des boîtes.

BEA-Oracle : l’avis de Luc Legardeur (Xebia)

Architecture/Middleware Pas de commentaires

Pour avoir un autre son de cloche sur l’éventuel rachat de BEA par Oracle, j’ai appelé un partenaire des deux éditeurs, spécialisé dans les problématiques de SOA et de J2EE : Xebia. Entretien avec le président de Xebia, Luc Legardeur .

Pensez-vous que ce rachat se fera ?
BEA a déjà beaucoup résisté, cela fait cinq ou six ans que les rumeurs circulent. Mais le CEO de BEA a longtemps voulu préserver son indépendance. [NDLR : voir à ce propos un article d’Infoworld ]. C’est en tout cas une formidable opportunité pour les deux entreprises. BEA a très bien réussi sa reconversion, et l’absorption par Oracle lui donnera un champ d’application beaucoup plus vaste : la base installée Oracle qui a besoin d’un serveur d’applications digne de ce nom et d’un ESB est importante. Quant à Oracle, cela complète son offre middleware qui posait quelques soucis. Souvent, dans les rachats de ce type, le problème est culturel, lorsque les deux cultures d’entreprise sont différentes. Mais là, beaucoup de gens chez BEA sont des anciens d’Oracle, les deux entreprises sont américaines et relativement dynamiques, je ne vois pas de gap culturel.

Si l’opportunité est belle pour les deux éditeurs, qu’en est-il du point de vue des clients ?
Clairement, cela crée des opportunités pour les clients d’Oracle, qui pourront avoir accès à des technos innovantes lors des renégociations de contrats. Pour les clients de BEA, le point positif, c’est que BEA se retrouve doté d’une force de R&D plus importante, et pourra trouver des synergies avec les derniers produits middleware acquis par Oracle.

Que dire aux clients qui souhaitent investir aujourd’hui dans des technologies d’intégration : doivent-ils s’adresser à l’un des quatre mastodontes (Oracle, IBM, SAP et Microsoft), ou bien peuvent-ils encore opter pour un acteur de taille plus modeste ?
On ne se risque chez un petit acteur que si cela présente une réelle innovation technologique, s’il est leader. Car on sait que dans quelques années il sera acquis par un grand (à moins qu’il n’atteigne lui-même une taille critique, mais cela devient difficile, il n’y a guère que Google qui ait réussi, ces derniers temps, à passer de start-up à géant). Mais se reposer sur un éditeur qui n’est pas un leader présente un risque en termes d’innovation.

BEA-Oracle : l’avis de Massimo Pezzini (Gartner)

Architecture/Middleware 1 Commentaire

[Mise à jour du 16/01/2008 : ça y est, c’est fait !]

J’ai eu en ligne Massimo Pezzini , VP Distinguished Analyst de Gartner. Qui s’est avoué surpris de l’offre d’Oracle sur BEA, de même, a-t-il dit, "que beaucoup de gens en interne chez Oracle". Bon, ça, ça ne m’étonne qu’à moitié. Dans ce genre de deal, la discrétion règne. Voici donc l’interview.

D’abord, pensez-vous que BEA acceptera l’offre ?
Difficile à dire, c’est un bon prix, mais Alfred Chuang n’a pas envie de vendre, ou du moins il ne voulait pas. Il est probable que BEA refuse dans un premier temps, ou qu’il y ait une contre-proposition.

Oracle dispose déjà de l’essentiel des technologies proposées par BEA, quelles peuvent donc être ses motivations ?
D’abord, je crois qu’Oracle veut prévenir un éventuel rachat de BEA par quelqu’un d’autre (HP ? Fujitsu ?) qui deviendrait alors un remarquable concurrent. Ensuite, Oracle se paie ainsi un chiffre d’affaires régulier lié à la maintenance, et une base installée importante, tant d’un point de vue géographique que sectoriel : BEA a de gros clients dans les télécoms, la finance, le secteur public…

Que se passerait-il pour les produits : Oracle doit encore intégrer de multiples technologies dans Fusion, et la zone de recouvrement avec BEA est immense. Oracle se prépare encore quelques années de travail, non ?
Oui, du point de vue de l’intégration des produits, je ne crois pas que cela soit une bonne nouvelle pour les clients BEA, il faudra effectuer une rationalisation massive. Bien entendu, Oracle gardera certains produits pour des raisons de revenus liés à la maintenance, sinon ce serait suicidaire. Je pense à WebLogic, ou encore à Tuxedo dont il n’existe pas d’équivalent dans l’offre d’Oracle. Et WebLogic est nettement supérieur au serveur d’applications d’Oracle, il est déjà conforme JEE 5, a une base installée bien plus conséquente et bénéficie d’un large support de la part des éditeurs de logiciels. D’autres produits resteraient parce qu’ils sont meilleurs ou n’ont pas vraiment d’équivalent, comme la machine virtuelle Jrockit, probablement l’offre de BPM et celle de gestion des métadonnées (issue de Flashline). Mais dans tous les cas, cela prendra des mois, peut-être des années.

Quel est l’avenir pour les éditeurs de taille moyenne dans l’univers du middleware ?
Je pense que si la transaction se fait, ce sera une bonne nouvelle pour eux. Certes ils devront combattre deux géants, IBM d’un côté et Oracle/BEA de l’autre, mais cela va aussi créer de nouvelles opportunités, dans la mesure où des clients commencent à se sentir nerveux, à devenir ainsi trop dépendants d’un seul grand fournisseur. Des acteurs comme JBoss, Tibco, Software AG ou Progress devraient en profiter. Je discutais justement un peu avant avec le DSI d’une grande entreprise du secteur des assurances, qui me disait : "je donne déjà beaucoup d’argent à Oracle (à cause du SGBD et de Siebel), à SAP (pour le progiciel), à IBM (pour le mainframe) et à Microsoft (pour Windows et Office), là je suis en train de sélectionner une plateforme d’intégration et je n’ai pas l’intention de l’acheter chez un de ceux-là !" Il ne voulait pas être encore plus dépendant. L’alternative jusqu’à présent était BEA. Après, ce sera Tibco, Progress, etc.

A terme, cependant, ces acteurs risquent aussi de se faire racheter ? Quand ils ne se rachètent pas entre eux, comme Software AG qui a repris Webmethods…

Oui, à long terme. Mais dans le court à moyen terme, cela offre de belles opportunités. Toutefois c’est vrai que cela devrait relancer et accélérer le cycle d’acquisitions et de consolidation.

Pensez-vous, enfin, que le rachat de BO par SAP ait pu avoir une incidence, ne serait-ce que sur l’agenda ?
Non, je ne crois pas, ce sont des marchés totalement différents. Je crois plutôt qu’Oracle voulait se prémunir en agissant avant que quelqu’un d’autre ne rachète BEA.

BEA dans le giron d’Oracle ?

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C’est incontestablement LA nouvelle du jour . Oracle a dévoilé aujourd’hui avoir écrit cette semaine au conseil d’administration de BEA, pour lui présenter une offre d’achat, valorisant l’éditeur à 6,66 milliards de dollars. Comme quoi, quand nous parlions avec des VP d’Oracle et de BEA au sujet d’un éventuel rapprochement, et qu’on nous répondait par des rires enjoués, ce n’était pas si farfelu que ça.

Sur un plan pratique, en revanche, si la transaction se fait, ça va être très chaud. Oracle a déjà englouti pour des dizaines de milliards de sociétés du secteur, et a pour habitude de conserver les lignes de produits rachetés. En l’occurrence, que ce soit avec Tuxedo ou WebLogic, BEA dispose de solides références à garder absolument pour un acheteur. C’est moins vrai évidemment pour Aqualogic, la ligne de produits SOA de BEA, dans la mesure où cette offre est encore jeune et en cours de complétion. En revanche, les zones de recouvrement sont immenses, et les technologies d’une part comme de l’autre aussi valables. Déjà qu’Oracle s’était attablé devant un chantier titanesque avec Fusion, justement la fusion de ses outils middleware, là ça devient carrément euh… l’image me manque. Mais les amateurs du Sens de la vie qui savent les dégâts qu’un carré de chocolat peut faire me comprendront…

Bon, je prends quelques avis et je reviens vers vous.

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