Trop horrible : Nicolas Princen met la normalité du Web en lumière

Médias/Weblogs 2 Commentaires

Je ne sais pas ce qui est le plus drôle, entre la volonté du politique d’afficher sa branchitude (z’avez vu, comme les mots en -itude viennent facilement dès qu’on parle politique ?), et les réactions de blogueurs suite à la nomination de Nicolas Princen par Nicolas Sarkozy pour surveiller ses arrières sur le Web.

En tout cas, la blogosphère lui a assuré un buzz sans pareil , alors qu’il s’agit juste de perpétuer une vieille tradition de surveillance des médias (attention, j’emploie bien le terme de surveillance, et non de supervision). J’ai moi-même eu cette tâche il y a, euh, quelques années, lorsque j’ai effectué mon service militaire au Sirpa.

Lire la suite…

Le buzz iPhone, entre presse et pub

Médias/Weblogs 1 Commentaire

C’est pas beau de dénoncer des confrères. Mais tout de même, j’ai sauté au plafond en écoutant ce matin la pub géante pour l’iPhone “l’interview politique de Jean-Pierre Elkabbach” sur Europe 1, qui recevait Didier Lombard, PDG de France Telecom. Depuis quand reçoit-on un opérateur pour le lancement d’un nouveau pack, dans une émission a priori destinée aux sujets politiques ? Et pourquoi à l’occasion du lancement de l’iPhone en France, par l’opérateur national, et pas lorsque SFR ou Bouygues sort un pack avec un Nokia, HTC, Samsung ou autre ?

Tentons quelques réponses.

1) l’iPhone est révolutionnaire, sans défaut, et tout ça pour un prix abordable ? Ben non, même pas. Certes l’interface est très belle et ergonomique, visualiser des photos ou des pages Web est extrêmement confortable, mais la gestion des mails est perfectible, le capteur photo mauvais, on ne peut rien y installer, il ne sait lire qu’un format vidéo, il ne sait pas envoyer de mms, il n’est pas 3G (liste non limitative), c’est une v1, et il coûte la peau des fesses.

2) connivence ou corruption ? connivence, peut-être, mais franchement, même si dans la profession nous nous souvenons d’un spécial Apple dans un grand quotidien national, je ne vois aucune corruption dans la couverture presse actuelle : on (allez, mettons-nous dans le lot) fait ça tout seul comme des grands. Et pour ce que j’en sais, quand 20 Minutes publie un Spécial techno avec l’iPhone en couverture, c’est purement un choix rédactionnel.

3) tout le monde en parle alors tout le monde en parle (pour reprendre une formule connue) ? Probablement, la presse est dans un univers concurrentiel et personne ne veut rester à la traîne. Lorsque nous décidons d’écrire une actu, nous nous interrogeons toujours sur l’intérêt que cela peut représenter pour notre lecteur - si cela l’intéresse et qu’il ne trouve pas l’info chez nous, c’est un mauvais point pour nous. Chaque article sur l’iPhone a fait l’objet d’un débat en amont dans notre rédaction, justement parce qu’il nous paraît important de traiter ce sujet, mais sans en faire trop. Or en l’occurrence, il semble que tout le monde dans la presse ait pensé que tout le monde s’y intéressait… et que du coup tout le monde en a parlé - y compris sur des médias généralistes dans une émission politique. C’est vicieux, et c’est le principe même du buzz. Et au passage, ça économise des millions en pubs à Apple.

Le problème est : comment y échapper ?

Quand un publicitaire communique… ça fait peur

Médias/Weblogs Pas de commentaires

Vous avez probablement entendu parler de la campagne de pub originale d’eBay . En tout cas, nous oui, par un moyen très classique : un communiqué de presse d’EuroRSCG (et on en a parlé parce que justement, on trouvait ça original). Maintenant que la campagne est en cours, que des ‘ebayeurs’ ont emporté des enchères pour avoir l’immense honneur de passer leur bobine à la télé, l’agence pub d’eBay a décidé de changer sa communication, et c’est un certain Julien V., responsable marketing (chargé principalement de la pub sur mobile, si j’ai  bien compris ; ben oui, après la pub à la radio, à la télé, sur le Web, les emails non sollicités, les sms non sollicités, les démarchages téléphoniques, il fallait y penser, au mobile…) qui s’y colle. Avec un style, disons, très particulier.

Alors de deux choses l’une. Soit ce monsieur a voulu bien faire, mais ne connaît aucun des usages en vigueur (tant dans la vie de tous les jours que sur le Web), soit c’est moi qui suis complètement total has been décalé de ne pas comprendre ce genre d’attitude et de prose, et je devrais rapidement calquer ma vie sur 99 Francs.

Bref, je n’ai même pas besoin de retranscrire son email ni de lui écrire une réponse, Laurent Gloaguen l’a fait avec beaucoup de talent .

Si on peut en tirer une morale, je dirais que les attachés de presse, que j’aime bien taquiner ici, sont finalement très utiles ;-)

Mise à jour du 13/11 : J’ai demandé à "Ju" (comme il signe) ce qui me valait 1) son mail, 2) son tutoiement. Bref, s’il l’avait fait exprès. Voici sa réponse :

non, j’ai été mal conseillé par un rédac, et j’aurai du m’en rendrecompte,  le tutoiement est donc de la maladresse , mais bon, c’est la vie,je pensais qu’on avait le droit d’ecrire un mail pour faire passer del’info, qu’elle soit relayé ou non, critiqué ou non ?

l’opération ebay à des defaults et des qualités, je vous invite a revenirvers moi si vous voulez plus d’infos a ce sujet

merci

julien

Julien V. Responsable Marketing nouveaux médias

Si quelqu’un veut donner des infos sur la manipulation des outils de communication modernes que sont les mails et les blogs à notre responsable nouveaux médias, je crois que ce serait pas mal. Mais au moins reconnaissons qu’il est réactif (et probablement très énervé aujourd’hui).

Mise à jour du 19/11 : à la demande de l’intéressé, j’ai supprimé son nom de famille. L’auteur ayant pris la peine de préciser son nom complet dans son mail, j’ai cru que cela avait une certaine importance (pour appuyer le propos, par exemple ? pour être cité dans un article ou un billet de blog, comme cela se fait lorsque nous recevons un communiqué de presse comportant des noms complets de gens habilités à s’exprimer ?). Bref, ne prenons pas prétexte de cette erreur pour accabler quelqu’un. Mais comme je lui ai précisé : "je crois qu’il est important pour la bonne compréhension du sujet
(média, promo, blog, buzz, etc.) de bien situer votre fonction et votre
employeur, de la même façon que je parle des autres sociétés et de
leurs responsables, dans mes articles comme dans mes billets. Et les commentaires sont ouverts, si vous souhaitez réagir directement et préciser vos fonctions."

SOA 2.0 : l’argument “social”

Architecture/Middleware 2 Commentaires

La collaboration est un des facteurs clés du succès de l’Open Source. Cette participation des individus, volontaire et enthousiaste, est aussi à l’origine de l’émergence du concept de Web 2.0 (même si je ne vois toujours pas de raison d’avoir accolé un numéro de version, hormis pour faire du buzz et vendre des livres, organiser des salons, etc. - je ne vise personne…). Or, cet aspect collaboratif est souvent oublié dans les préceptes de la SOA. C’est ce qu’on rappelle sur ce blog (en anglais), qui défend l’appellation SOA 2.0, dont je m’indignais récemment .
De fait, si on s’en tient à la définition donnée par Gartner (et abondamment relayée par Oracle pour coller à sa stratégie produit), accoler un numéro de version à un concept architectural n’a guère de sens. Mais si on considère, en s’appuyant sur le nom Web 2.0, qu’accoler un 2.0 permet d’y ajouter une dimension sociale, alors, bon, oui, inspirons un grand coup, mettons-nous une pince à linge sur le nez, et hochons la tête, pourquoi pas ?
C’est vrai que dans les différents entretiens que je peux avoir à ce sujet, la dimension sociale est quelque chose qui revient souvent… comme empêcheur de moderniser en rond. Les architectures orientées services reposent, comme leur nom l’indique, sur des services. Si ces services sont produits par une entreprise et destinés à la consommation par une autre entreprise, comme dans le cas de ViaMichelin, tout est contractualisé, la relation est purement commerciale, pas de souci. Quand il s’agit de faire en sorte qu’un département d’une entreprise réutilise le service d’un autre département, alors là, tout devient plus compliqué… Les éditeurs ont beau sortir des annuaires (ou des référentiels) de services, décrivant la nature et le comportement de chaque service, rien ne remplacera la communication directe entre le producteur du service et son consommateur. Il faut alors dépasser le syndrôme du NIH (Not invented here, pas inventé ici), faire confiance à son interlocuteur, et faire vivre cette relation de confiance.
Sans cette relation entre individus, pas de SOA possible, quelque soient les guides, outils et garde-fous mis en place par les bureaux d’études et autres services d’urbanisation. De cela je veux bien convenir. Mais encore une fois, pourquoi 2.0 ? Dès le départ, cette notion de collaboration était essentielle dans la SOA. LMI n’a cessé de le dire et de le répéter…
Au plaisir d’en discuter de vive voix avec vous le 5 octobre !