J’avais dit ici que j’irai à la conférence développeurs de Google France ce soir… et j’y suis allé. Ou, pour être plus exact, si je me suis bien rendu chez Google, on ne m’a point laissé entrer. Eh oui, figurez-vous que j’ai refusé de signer au bas d’une feuille remplie de petits caractères expliquant que la “la partie divulgatrice”, c’est-à-dire Google, allait donner des “informations confidentielles” à “la partie destinataire”, c’est-à-dire moi, dans le cadre d’un “projet”, et que je devrai garder ces informations confidentielles pendant 5 ans.
Bon, vous me direz, des NDA (non disclosure agreements, accords de non divulgation), j’en signe de temps en temps, et ça peut même être pratique d’avoir les infos quelques heures voire deux ou trois jours à l’avance. Mais pas 5 ans… Et puis en général, le service de relations presse nous en informe à l’avance. On ne le découvre pas sur place, présenté par des gens qui ne savent que répéter “ben je sais pas quoi vous dire, c’est comme ça…”
Bon, me direz-vous aussi (si, si, je sais que vous aimez critiquer
) j’aurais pu signer et faire jouer des tas de petites clauses, genre l’info est “tombée dans le domaine public”, youpi, je peux en parler. Sauf que faire jouer une clause, c’est aussi prendre un risque juridique (mentionné dans l’accord). Or, vu le contexte - le support de Java dans l’App Engine, déjà dévoilé il y a deux jours - c’est totalement débile. Et puis j’ai d’autres choses à faire que de prendre ma plume pour rédiger une lettre avec A/R pour dénoncer une clause d’un contrat débile.
J’ai donc fait remarquer à ces messieurs-dames de Google France que le papier qu’ils voulaient me faire signer était du grand n’importe quoi. On a donc fait venir, non pas un monsieur en blanc, mais un “monsieur du service juridique” qui m’a expliqué que c’était tout à fait standard (ben, euh, pas depuis la quinzaine d’années que je fais ce boulot…) et qu’il fallait absolument signer pour entrer dans la pièce.
Bref, les bras m’en tombent. Il faut croire que ce que pond Google doit rester secret, ou a 10 fois plus de valeur que ce que font Oracle, IBM, HP, Microsoft, SAP et tous les autres réunis. Eric Schmidt adore la presse, paraît-il. Il faudrait qu’il en fasse part à ses équipes.
Mise à jour (10/04/09 à 17h10) : j’ai eu au téléphone la responsable du service presse de Google, qui m’a expliqué que l’accord ne concernait évidemment pas ce qu’on allait voir pendant la conférence (tiens, ça, je m’en doutais), mais ce que je pourrais apercevoir sur un écran ou un bureau ou entendre d’une conversation en passant, sachant que cela se déroulait dans l’environnement de travail d’une boîte qui innove beaucoup et dont les gens à l’extérieur sont à l’affût de la moindre bribe d’info, or on nous ne demande pas de carte d’identité à l’entrée et je pourrais ne pas être Olivier Rafal mais un vilain méchant venu voler des secrets industriels. Mouais. Toujours est-il que l’accord à signer devrait faire l’objet d’une modification. Mais qu’il y aura toujours un papier à signer. J’imagine que le prochain coup, je signerai. Heureusement que Google est le seul à faire ça, sinon je passerais mon temps à distribuer des autographes.