Google Fusion Tables : un outil pratique, à prendre pour ce qu’il est

SGBD, langages & développement Pas de commentaires

Ce n’est pas parce qu’un fournisseur crie au génie (en général, le sien) qu’il faut le croire. Oui, je sais, c’est une évidence, mais n’empêche : les fournisseurs continuent de dire que leurs produits sont révolutionnaires, et les connaisseurs continuent de soupirer (au mieux) ou de les invectiver (au pire).

C’est encore ce qui se passe avec le service Fusion Tables de Google. En fait de système de gestion de base de données révolutionnaire, pour l’instant, c’est tout au plus un outil pratique. Mais du fait de sa présentation élégiaque par son fier géniteur, voilà le pauvre Fusion Tables déjà moqué par les pros (merci à Frédéric Brouard pour le lien).

Or, quand on le considère juste comme un outil pratique - à l’instar des autres outils Google (par exemple Google Docs : une calamité pour ce qui est du travail collaboratif, mais c’est gratuit et ça rend bien service quand même !) - Fusion Tables délivre une réelle valeur. Comment peut-on faire aujourd’hui pour stocker des données en ligne et les donner à visualiser de façon graphique ? A moins de créer sa propre appli, je ne vois pas. Or, là, comme je l’ai écrit dans mon article , il m’a fallu une poignée de minutes pour obtenir quelque chose de potable, sans aucune programmation.

On verra par la suite, lorsque l’outil sortira de la bêta, si la révolution annoncée aura lieu.

Les technos Google pour l’entreprise ? Didier Girard y croit

Interviews, Open Source 1 Commentaire

Dans le cadre de notre partenariat avec Octo pour leur Université du SI (USI 2009 pour les initiés), je continue la série d’entretiens avec Didier Girard, directeur des opérations et de l’innovation de la SSII Sfeir, qui animera une session invitant les geeks et les boss à réfléchir à tout ce que Google apporte désormais aux responsables informatiques . Et à la façon dont cela est déjà en train de bouleverser le paysage économique.

De fait, si les Google Docs ou le serveur d’applications Java Google AppEngine sont loin d’être parfaits, ils sont tout à fait capables de remplir certaines fonctions (voire tout ce dont on peut avoir besoin, selon son profil ou le but de son application), gratuitement ou pour une dépense très modique. Du coup, ce sont non seulement les éditeurs de logiciels commerciaux mais aussi les acteurs du Libre qui sont obligés de s’interroger, en même temps que les DSI, sur leur stratégie.

Je ne sais pas si ce qui sortira de toute cette agitation autour du cloud et du Saas aboutira à quelque chose de vraiment exploitable par les grandes entreprises, mais au moins Google aura eu le mérite de secouer la fourmilière.

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Google : pas de NDA, pas de chocolat

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J’avais dit ici que j’irai à la conférence développeurs de Google France ce soir… et j’y suis allé. Ou, pour être plus exact, si je me suis bien rendu chez Google, on ne m’a point laissé entrer. Eh oui, figurez-vous que j’ai refusé de signer au bas d’une feuille remplie de petits caractères expliquant que la “la partie divulgatrice”, c’est-à-dire Google, allait donner des “informations confidentielles” à “la partie destinataire”, c’est-à-dire moi, dans le cadre d’un “projet”, et que je devrai garder ces informations confidentielles pendant 5 ans.

Bon, vous me direz, des NDA (non disclosure agreements, accords de non divulgation), j’en signe de temps en temps, et ça peut même être pratique d’avoir les infos quelques heures voire deux ou trois jours à l’avance. Mais pas 5 ans… Et puis en général, le service de relations presse nous en informe à l’avance. On ne le découvre pas sur place, présenté par des gens qui ne savent que répéter “ben je sais pas quoi vous dire, c’est comme ça…”

Bon, me direz-vous aussi (si, si, je sais que vous aimez critiquer ;-) ) j’aurais pu signer et faire jouer des tas de petites clauses, genre l’info est “tombée dans le domaine public”, youpi, je peux en parler. Sauf que faire jouer une clause, c’est aussi prendre un risque juridique (mentionné dans l’accord). Or, vu le contexte - le support de Java dans l’App Engine, déjà dévoilé il y a deux jours - c’est totalement débile. Et puis j’ai d’autres choses à faire que de prendre ma plume pour rédiger une lettre avec A/R pour dénoncer une clause d’un contrat débile.

J’ai donc fait remarquer à ces messieurs-dames de Google France que le papier qu’ils voulaient me faire signer était du grand n’importe quoi. On a donc fait venir, non pas un monsieur en blanc, mais un “monsieur du service juridique” qui m’a expliqué que c’était tout à fait standard (ben, euh, pas depuis la quinzaine d’années que je fais ce boulot…) et qu’il fallait absolument signer pour entrer dans la pièce.

Bref, les bras m’en tombent. Il faut croire que ce que pond Google doit rester secret, ou a 10 fois plus de valeur que ce que font Oracle, IBM, HP, Microsoft, SAP et tous les autres réunis. Eric Schmidt adore la presse, paraît-il. Il faudrait qu’il en fasse part à ses équipes.

 

Mise à jour (10/04/09 à 17h10) : j’ai eu au téléphone la responsable du service presse de Google, qui m’a expliqué que l’accord ne concernait évidemment pas ce qu’on allait voir pendant la conférence (tiens, ça, je m’en doutais), mais ce que je pourrais apercevoir sur un écran ou un bureau ou entendre d’une conversation en passant, sachant que cela se déroulait dans l’environnement de travail d’une boîte qui innove beaucoup et dont les gens à l’extérieur sont à l’affût de la moindre bribe d’info, or on nous ne demande pas de carte d’identité à l’entrée et je pourrais ne pas être Olivier Rafal mais un vilain méchant venu voler des secrets industriels. Mouais. Toujours est-il que l’accord à signer devrait faire l’objet d’une modification. Mais qu’il y aura toujours un papier à signer. J’imagine que le prochain coup, je signerai. Heureusement que Google est le seul à faire ça, sinon je passerais mon temps à distribuer des autographes.

Java supporté par App Engine : réaction de Didier Girard

Architecture/Middleware, Interviews, Open Source, SGBD, langages & développement 4 Commentaires

J’ai gagné mon pari avec un collègue d’IDG News Service : l’annonce faite hier soir lors de son Campfire par Google concernait bien le support de Java par son App Engine (serveur d’applications supportant jusqu’à présent Python), et non celui de PHP. Ayant donc obtenu confirmation ce matin, j’ai téléphoné à Didier Girard, directeur technique de la SSII Sfeir, grand dispensateur de sagesse via application-servers.com et grand manitou de GWT , dont le petit doigt me disait bien que quoi que Google allait annoncer, il le testait déjà depuis un certain temps (bon, en même temps, sachant que Didier sera l’un des intervenants de la conférence développeurs Google demain soir, ça paraissait logique). Interview. Lire la suite…

Interview de Philippe Jannet, président du Geste

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Suite à la décision de Google de tester l’insertion de publicités AdWords dans les résultats de Google News, aux Etats-Unis, j’ai souhaité obtenir la réaction de Philippe Jannet, président du Geste (Groupement des éditeurs de sites en ligne) et PDG du Monde Interactif (qui n’a aucun lien avec nous…).

Quelle a été votre première réaction en apprenant cette nouvelle ?

Première chose, il faut savoir qu’il n’y a encore pas très longtemps, Google nous a promis que jamais il n’y aurait de publicité sur Google News. C’était en novembre dernier à Paris. Et j’ai discuté avec des confrères aux US qui avaient vu Eric Schmidt la semaine précédente, et ce dernier ne leur en a pas parlé. Et puis c’est annoncé, au détour d’un billet sur le blog de Google. C’est curieux, comme manière de faire.

Sur le fond, Google News n’est pas Google. Qu’il y ait des AdWords sur le génialissime moteur de recherches, c’est cohérent. Mais sur Google News, vous venez voir les dernières infos, vous n’êtes pas dans le cadre du moteur de recherches, mais dans la consultation d’informations. Si en plus vous ajoutez de la pub, cela devient un site d’informations.

Est-ce le fait d’ajouter de la publicité qui détermine ce statut ? Lire la suite…

Une charte sur l’utilisation des données personnelles ?

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Quoi ? Facebook se servirait de son réseau social à l’inscription gratuite pour ensuite monétiser les informations personnelles de ses utilisateurs ? Damned. Comment, Google scannerait le contenu des documents créés par les utilisateurs de ses services gratuits afin de mieux cibler les publicités ? Diantre, dans quel monde vivons-nous !

Vous ne trouvez pas ça étonnant que des gens, même habitués à Internet et à l’informatique en général, qui savent se montrer méfiants face à des utilitaires gratuits bourrés de spywares et autres chevaux de Troie, s’étonnent de constater qu’il y a un prix à payer pour profiter de services en ligne gratuits ?

D’accord, il y a des limites que personne ne devrait pas franchir. Mais ces limites dépendent non seulement des sites qui proposent leurs services mais aussi de ceux qui les utilisent. Pourquoi Passport n’a pas marché, quand Microsoft a lancé son système d’authentification unique ? Parce que personne ne voulait confier des données aussi sensibles à Microsoft. Et regardez comment aujourd’hui des Netvibes, Google ou Facebook jouent en partie ce rôle.

Loin de moi l’idée de pointer du doigt des gentils et des méchants dans le cadre de l’utilisation d’informations personnelles. Nous-mêmes, à la rédaction, nous sommes heureux lorsqu’un lecteur s’authentifie, cela nous permet de mieux cerner notre audience, et de personnaliser des services ; nous réfléchissons d’ailleurs à davantage de services liés à cette connaissance de notre public. De même, si vous êtes capables d’accéder gratuitement à notre fil d’informations, c’est parce qu’il y a des publicités sur le site : il faut bien monétiser des services gratuits. Oui, je sais que je vais trahir un grand secret en disant cela, mais nous ne faisons pas ce métier uniquement pour l’amour de notre job. Et à ma connaissance, même guidées par des principes aussi louables que “don’t be evil”, les Google et autres sociétés “cool” de l’Internet doivent encore répondre à des objectifs de croissance et de rentabilité.

En revanche, une charte sur l’utilisation des données personnelles pourrait déjà donner un peu plus de transparence à ces mécanismes. Et cela devient à mon sens d’autant plus urgent que les moteurs de recherche spécialisés dans le regroupement d’infos persos se multiplient. Peut-être une ébauche de charte existe-t-elle déjà quelque part ?

Adobe-Microsoft-Google-Java, qui dominera le poste client ?

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Si vous n’avez pas suivi le mini-psychodrame sur l’intégration ou non de PDF à Office, vous aurez ici un résumé et dans la suite de ce billet la réponse officielle d’Adobe.
De fait, comme Adobe le précise, le PDF est un format ouvert et documenté, mais l’expérience sur le marché démontre que seul Adobe est capable de proposer des innovations dans ce format : génération automatique de codes-barres, intégration de la 3D…
Mais bien évidemment, cette querelle dépasse la simple intégration du PDF dans Office, quand bien même Adobe génère des revenus faramineux (avec des marges brutes oscillant entre 93 et 97%, voir ce PDF , justement…) avec ce format et les outils associés. Adobe et Microsoft jouent là un des actes d’une bataille qui aboutira à la domination du poste client. Rappelez-vous ce qui vient de se dérouler avec SAP : Duet d’un côté pour intégrer des services et des données SAP à Office, et Muse de l’autre, une interface basée sur le projet Apollo d’Adobe, capable de mixer HTML, Flash, PDF, etc., offrant l’ergonomie d’un client lourd et la simplicité d’un client Web…
Le problème qui se présente aujourd’hui à Microsoft, c’est que sa prochaine interface tueuse (oui, je sais, ça sonne moins bien en français que killer interface), Windows Presentation Foundation (WPF), mettra un certain temps à se diffuser (surtout que pour en profiter pleinement, il ne faudra pas regarder à la dépense sur sa carte 3D). En attendant, Adobe pose ses jalons, et Google s’insinue à coups de bêta dans le jeu. Après le texteur Writely , voici le tableur Spreadsheet . Oh, certes, le concept Ajax n’est pas la panacée, on ne peut pas tout faire en HTML/XML/Javascript, mais une fois que le Réseau (Web, Wi-Fi, 3G…) aura acquis plus d’importance que l’OS, c’en sera fait de Microsoft. Ce qui ne pourra se faire en Ajax pourra être exécuté avec un client Adobe. Ou bien le tout au sein d’Apollo… Ou encore sur du Java (tiens, vous avez remarqué, autant aujourd’hui on parle de Java sur le serveur, autant côté client quasiment plus personne n’en parle…).

Ci-dessous, le communiqué d’Adobe.

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