TechEd Jour 1 (suite) : cohérence produits et éclatement des conférences

SGBD, langages & développement Pas de commentaires

J’ai assisté, cet après-midi, enfin à l’heure de la sieste (un véritable pousse-au-crime, surtout quand c’est Soma qui fait le keynote ), au discours d’ouverture de Sivaramakichenane Somasegar , corporate VP, division développeurs. (Allez savoir pourquoi, tout le monde ici l’appelle Soma.) J’ai sagement noté que Microsoft offrait plusieurs gammes d’outils de développement selon les publics visés, mais que le tout formait un ensemble cohérent ("consistent programming model", dans le texte).

J’en ai discuté ensuite avec Henry Peyret, analyste senior chez Forrester, croisé dans les couloirs. Pour lui, il manque encore un chaînon, entre le non-développeur utilisant Popfly et le programmeur attaché à son Visual Studio. Apparemment, un cadre de chez Microsoft lui aurait donné raison : il devrait y avoir d’ici quelque temps un outil intermédiaire. Peut-être un studio issu de celui de Biztalk, permettant à des utilisateurs qu’on pourrait qualifier de ‘power users’ de créer leurs propres enchaînements de services ?

Cela pose une autre question. Avec ce grand écart réalisé par l’éditeur, à qui s’adresse désormais le TechEd ? Au développeur pur et dur, serait-on tenté de répondre. Surtout que les architectes et autres amateurs de middleware ont des conférences spécifiques pour les problématiques SOA et BPM, et que les créatifs, utilisateurs d’Expression Studio, ont dorénavant leur Mix . Certes. Mais comment faire l’impasse ici sur Biztalk ou sur le duo Expression Studio / Silverlight ? Impossible. Je sais que je vais jouer au vieux con en disant ça, mais j’aimais bien quand en un seul TechEd, on pouvait faire le point sur les développements de Visual Studio, d’Office, de SQL Server, de Windows… C’est à l’aune de ce gigantisme qu’on mesure l’importance que Microsoft a acquise dans les solutions d’entreprise. Au risque d’avoir de plus en plus de mal à assurer cette fameuse cohérence d’un bout à l’autre.

BEA-Oracle : l’avis d’Henry Peyret (Forrester)

Architecture/Middleware, Interviews 1 Commentaire

[Mise à jour du 16/01/2008 : ça y est, c’est fait !]

Suite de mes entretiens sur BEA-Oracle (et ça risque de m’occuper un moment, cette histoire, vu la chaude ambiance entre les instances dirigeantes des deux éditeurs…). J’ai eu Henry Peyret (analyste senior chez Forrester) au téléphone, voici notre entretien :

Comment vois-tu un éventuel rachat de BEA par Oracle ?
Cela représente un tel recouvrement que ça va être difficile, cela veut dire beaucoup de rationalisation, et donc pas de valeur ajoutée pour les clients. Cela permet simplement à Oracle de grossir rapidement et de contrer un adversaire, comme le pense Massimo. On peut même reprendre cette idée et la pousser plus loin : cela permet de contrer SAP, un peu en retard avec sa plateforme middleware, et qui avec BEA aurait eu une plateforme au top. C’est le bon moment, sachant que SAP aurait eu du mal à intégrer deux acquisitions en même temps.

Cependant, BO continuera d’exister de façon autonome, donc on peut penser que cela ne serait pas si compliqué…
Oui, mais il y a quand même du recouvrement avec SAP BW.

Et SAP aurait eu l’argent nécessaire pour acheter BEA en plus de BO ?
SAP a énormément d’argent en banque. Cependant, il essaie généralement de ne pas payer trop cher (à cet égard, BO est un peu l’exception qui confirme la règle). C’est pourquoi par exemple Retek leur est passé sous le nez.

Dans tous les cas, tant que l’avenir de BEA n’est pas réglé, l’éditeur risque de ne plus vendre de nouvelles licences…
Oui, c’est tout le danger.

Du coup, est-ce envisageable qu’il se retire du marché ?
Il faudrait qu’ils aient beaucoup plus d’argent que ce qu’ils ont. Leur jeu est plutôt de faire monter les enchères, et d’attendre un sauveur, un cheval blanc. L’indépendance de BEA, j’y crois de moins en moins. Cela fait quelques mois qu’on pense qu’ils n’ont pas pris le bon virage, il aurait fallu être plus agressif dans les rachats.

Qui pourrait proposer une offre concurrente à celle d’Oracle ?
IBM pourrait être intéressé par les parts de marché et quelques technologies : je pense notamment à la machine virtuelle Jrockit, et à des offres spécifiques pour le monde de la finance ou celui des télécoms. On a parlé de HP, mais chez Forrester on n’y a jamais vraiment cru. Il y a Sun aussi, qui pourrait être intéressé.

Sun a pourtant racheté Seebeyond il n’y a pas si longtemps.
Oui, mais le recouvrement n’est pas énorme, cela ferait beaucoup de sens. Enfin, il y a Cisco. Comme le rappelle John Rymer [vice-président et analyste principal de Forrester, NDLR], John Chambers [le patron de Cisco, NDLR] dit souvent que le futur de Cisco est dans le logiciel. Cisco a une offre relativement peu connue dans les « dynamic business apps ». Cela ferait beaucoup de sens, d’autant qu’ils cherchent à intégrer des briques applicatives dans les routeurs.

Computer Associates ou Fujitsu pourraient aussi racheter ?
Je ne suis pas certain que CA soit le meilleur cheval. Quant à Fujitsu, on n’y croit pas beaucoup. On a rarement vu une société japonaise vendre du logiciel aux Etats-Unis, or vu la répartition du chiffre d’affaires de BEA, ce serait mettre une croix sur une grande part du revenu.

Le meilleur parti pour BEA pourrait donc bien être Cisco ?
Eh bien, on n’a jamais vu non plus Cisco racheter une société aussi importante et continuer le business. Il y aura certes des synergies au niveau technologique, mais cela ne veut pas dire qu’il y aura automatiquement des synergies au niveau des ventes, par exemple. On ne vend pas des logiciels comme on vend des boîtes.

SOAP est-il mort ?

Architecture/Middleware 3 Commentaires

Lu sur les blogs d’IBM DeveloperWorks : "SOAP-based Web services are dead". En fait, sous ce titre provocateur, l’auteur s’interroge sur l’avenir des standards empilés sur Soap, et invite la communauté internationale à le rassurer.

J’étais justement hier au Convergence Day de BEA , où des utilisateurs et des consultants indiquaient que pour eux, ces standards sont de l’acquis, quelque chose dont ils n’ont pas vraiment à se préoccuper. Ils les utilisent, point. Cela rejoint ce que j’ai écrit plusieurs fois : l’important n’est pas tellement le standard de communication à partir du moment où ces derniers existent, donc à partir du moment où l’industrie a su se mettre d’accord. En revanche, la vraie question pour les entreprises touche plutôt à la sémantique, comme le soulignait hier Christophe Toulemonde (du BIT Group) ou comme le répète inlassablement Henry Peyret (Forrester) : il s’agit là de définir un vocabulaire sinon commun, du moins compréhensible par son écosystème.

Côté méthodo, on avance aussi avec la création de l’association Praxeme . Je serai d’ailleurs à la journée de l’Institut Praxeme (je trouve dommage, à ce propos, que les organisateurs aient choisi d’en faire un "grand événement", payant, mais bon, je suis bien placé pour savoir que ce type d’événements engendre des frais !).

La SOA hébergée fait son chemin

Architecture/Middleware Pas de commentaires

Suite à l‘annonce d’une extension de sa plate-forme AppExchange par Salesforce, qui entend offrir des solutions d’intégration avec ApexConnect, j’ai eu une discussion intéressante avec Henry Peyret, analyste de Forrester, sur la fourniture de solutions de type SOA en mode Saas (Software as a service). Henry a souligné le caractère novateur de l’offre Salesforce, même si elle n’est pas la première à proposer ce type de solution : par exemple NetSuite (pour son offre PGI et GRC) a déjà mis au point son SuiteFlex, tandis que WebEx (travail collaboratif) s’appuie sur des outils Cordys “qui lui-même réfléchit à fournir sa plate-forme SOA en mode Saas pour le midsize”.
L’idée, dans tous les cas, est de simplifier les problèmes d’intégration rencontrés par les entreprises qui n’ont pas forcément les moyens de tout remettre à plat ou d’embaucher des armées de consultants. Mais vouloir mettre en oeuvre la SOA par le biais de ce type d’offre, n’est-ce pas de l’illusion ? “Cela dépend de ce qu’on attend de la SOA, répond Henry Peyret. Or, là où les plates-formes SOA sont en retard, notamment, c’est sur l’intégration au niveau de l’interface utilisateur. Il y a quelque chose à faire à ce niveau.”
On en revient donc au débat sur SOA et Mashup. Plutôt que de parler de mashup, Henry évoque un autre acronyme (un travers d’analyste ;-) : BPA/UI, c’est-à-dire l’automatisation des processus métier au niveau de l’interface utilisateur. Quelque chose qui peut très bien être fourni en mode hébergé. Cette solution “a du sens pour certains cas d’utilisation”, observe Henry Peyret, qui y ajoute aussitôt des garde-fous : c’est inapplicable pour des applications transactionnelles importantes, car ces solutions n’offrent aucune garantie de ce point de vue (quoique, ajoute Henry, “une petite société française, Xsarnet, propose un serveur qui conserve un état afin de pouvoir revenir en arrière”). A contrario, cela peut s’envisager pour une intégration rapide d’un centre d’appels : “au pire, si on perd 1% des enregistrements de réclamations de clients, ce n’est pas très grave”.
Un pas en faveur de la simplicité, mais qui ne remet donc pas en cause le bien-fondé de la SOA côté construction de SI.