L’avantage d’être sur place à la conférence Impact de Las Vegas (par respect envers le public à la sensibilité exacerbée qui pourrait fréquenter ce blog et eu égard au fait que je suis actuellement dans un pays encore traumatisé par le sein de Janet Jackson, je vous passe les inconvénients), c’est que j’ai pu, après la conférence inaugurale, titiller le responsable de l’offre sur le thème : bon, la convergence CEP et SOA, c’est bien gentil, tout le monde en parle depuis longtemps, mais qu’en est-il dans les déploiements ?
Un peu de légèreté aujourd’hui, avant de m’envoler pour Las Vegas (où sont réunis la semaine prochaine les analystes Gartner ainsi que les experts IBM et leurs clients sur la SOA). Avez-vous vu, de votre côté, de beaux poissons d’avril dans notre secteur ? Personnellement, la pêche n’est pas terrible, mais je vous soumets tout de même deux prises.
L’une, qui a nettement ma préférence, est le fait du talentueux journaliste Timothy Prickett Morgan (ce n’est pas signé, mais on reconnaît sa plume et ses marottes), qui explique ici qu’IBM a finalement choisi de revenir au nom AS/400. Un grand moment, qui permet à Timothy de se moquer allègrement des lubies marketing d’IBM, et venge les pauvres clients, revendeurs et journalistes qui essaient de suivre… (Merci à FL pour le lien.)
L’autre est, à mon sens, au niveau des moins bons “surprise sur prise”, mais bon, on y voit la bonne éducation de Jonathan Schwartz, le PDG de Sun. A noter aussi, la propre tentative du même Jonathan, pas très crédible, mais à lire certains commentaires, on voit combien les réactions épidermiques sont plus rapides que les connexions synaptiques… (A moins qu’il ne s’agisse d’un degré d’humour que je n’aurai pas capté.)
Si vous avez d’autres poissons d’avril à partager, n’hésitez pas !
J’ai assisté hier aux premières Assises du SI durable (et animé une table ronde par la même occasion), où les auteurs de l’ouvrage “Le SI durable” (chez Hermès Lavoisier) ont pu exposer leur vision, à rebrousse-poil des idées des grands fournisseurs, comme je le disais l’autre jour.
Et pour une meilleure compréhension des principes qui ont guidé les auteurs, voici un petit cadeau : l’article que j’avais écrit il y a un an et demi suite à ma rencontre avec Jean-Michel Detavernier. Difficile de retranscrire en quelques mots sont expérience et ses motivations - ceux qui l’ont vu en live savent combien l’homme est bavard et passionné - mais j’espère avoir réussi à synthétiser l’expérience de la SMABTP, et la façon dont ont été appliquées les bonnes pratiques des architectures orientées service (externalisation des données de référence et des règles métier, gros effort de modélisation amont, conception des services métier indépendamment des technologies d’infrastructure, cadre de développement pour à la fois contraindre et faciliter le travail des développeurs…).
L’article original est paru dans LMI (le magazine). Le voici pour vous, ci-dessous.
Imaginez une boîte qui se dit un jour que, à tout prendre, elle va arrêter de faire de l’argent en vendant du logiciel, et va plutôt prendre de l’argent aux éditeurs de logiciels. Cela vous rappelle quelque chose ? Teilhard Technologies a pris ce virage au début des années 2000 : il fut décidé que la solution d’ETL de Juxtacomm ne servirait plus à intégrer des données mais à engranger des royalties. C’est vrai, quoi, avec des Oracle, IBM, Microsoft, Ascential, Informatica et j’en passe qui font l’effort d’évangéliser le marché, de développer le produit, et de le vendre, pourquoi se casser le popotin à faire de même alors qu’on peut simplement passer un accord de licence (Oracle a accepté) ou réclamer réparation devant une cour américaine ?!
Et promettre ainsi aux actionnaires un modèle de rentabilité exceptionnel…
Vous me direz, vu que le système des brevets logiciels permet ça, pourquoi s’en priver.
Je reviens tout juste d’un dîner organisé par Novell et IBM (je ne vous dis pas où, je ne voudrais pas susciter de la jalousie avec quelques journalistes français.
Eh oui, les deux s’affichent ensemble, sous une bannière commune : l’Open Source. Nos interlocuteurs, responsables de la stratégie Open Source à des niveaux EMEA voire worldwide, tâchaient tout autant de nous convaincre de l’intérêt de l’Open Source en entreprise (pas la peine, en fait, nous en étions tous conscients…) que d’obtenir nos impressions sur la perception de l’Open Source par les entreprises françaises.
Au final, cela nous a valu quelques émouvants moments de sincérité, comme cet intervenant d’IBM avouant sans ambages que si IBM avait une offre Open Source, c’est parce qu’il y avait là une opportunité business (on ne s’en serait pas douté). Mais la réponse à la question "pourquoi organiser ce dîner à deux" n’a pas été très claire. Pour reprendre la réponse de mon collègue d’IDG James Niccolaï, on a le sentiment qu’IBM, partenaire important de Red Hat, cherche à promouvoir Novell, son 2nd partenaire (qui vient de lancer SLED 10 )… dans la mesure où Red Hat, avec le rachat de JBoss, se constitue une offre middleware concurrente de la gamme WebSphere.
L’autre réponse serait qu’IBM, qui détient déjà une petite partie du capital de Novell (de mémoire, 5%), et qui a laissé quelques-uns de ses cadres prendre des postes de direction chez Novell (à commencer par son CEO Ronald Hovsepian), prépare une alliance non plus pragmatique, mais de mariage…
Sur ce, vous m’excuserez, j’ai un dîner à digérer
Courant juin, IBM a tenu un SOA Summit à Paris à destination de quelques partenaires et clients triés sur le volet. C’est à cette occasion que j’ai pu rencontrer Steve Mills , "Senior Vice President and Group Executive of IBM Software". En clair, le responsable de l’ensemble de la stratégie d’IBM en matière de logiciels (ou monsieur 16 milliards de dollars - mieux que Steve Austin ).
Nous avons commencé à parler de l’initiative Information On Demand , puis nous avons enchaîné sur sa vision des SOA, la stratégie "pure-player" d’IBM par rapport à celle d’Oracle ou SAP, de l’accès à l’information et de l’interface utilisateur possible (Ajax ? Eclipse RCP ?…). Pour conclure, quelques mots sur le processus de standardisation de Java, alors que nous étions en plein suspense insoutenable sur le possible passage de Java en Open Source. Un jour .
Pour ma part, ce que je retiens de cet entretien, c’est d’une part la vision d’une architecture d’entreprise bâtie autour d’une épine dorsale la plus automatisée possible (ce qui me conforte, à vrai dire, par rapport à l’article que j’avais écrit sur le complex event processing), et d’autre part la volonté de proposer des alternatives quelles qu’elles soient au client lourd de Microsoft.
Une mauvaise langue ajouterait qu’il n’y a en revanche aucune volonté de simplifier la lecture de la gamme logicielle d’IBM pour résoudre tel ou tel problème en matière de SOA, et qu’il faudra toujours des consultants sévèrement euh… armés pour assembler le tout et répondre ainsi aux besoins des clients. Mais chacun sait que je ne suis pas mauvaise langue.
Entretien avec Steve Mills, patron d’IBM Software :
- une version courte est en ligne ici ;
- pour les courageux, voir la version intégrale dans la suite de ce billet !