Est-ce que, comme Michael Arrington l’affirme sur Techcrunch, Microsoft se plante en ne répondant pas point par point aux initiatives de Google ? On le sait, Google a réussi à incarner le Saas, software as a service, acronyme qui remplace commodément les ASP (Application service providers) ou autre FAH (Fournisseurs d’applications hébergées). Grâce à des applications comme Gmail, accessibles depuis tout navigateur, simples et performantes.
De l’autre côté, Microsoft dit embrasser ce concept de services en ligne, tout en débinant ce qui n’utilise pas la puissance du PC. Normal : Windows et Office sur le PC constituent encore la base du pouvoir et du revenu de Microsoft. D’où ce S+S, ou Software + Services, suffisamment proche de l’acronyme Saas pour faire croire qu’il s’agit de la même chose, tout en étant subtilement différent pour ramener le PC dans l’équation. Ainsi, contrairement à la suite bureautique en ligne de Google, le service Office Live Workplace ne fonctionne que si l’utilisateur dispose d’Office sur son poste.
Pour Michael Arrington, il s’agit véritablement d’une erreur stratégique : “Microsoft has failed to understand the real power of Google Docs -
easy, no hassle document creation, collaboration and access from the
browser. And it will take them another two years of fidgeting before
they really get scared and react properly. Microsoft is falling into
the classic trap of failing to realize the disruptive nature of a new
competitive technology, instead focusing on the massive revenues it
generates from their aging Office suite.”
Steve Ballmer, le CEO de Microsoft, était hier à Paris pour vanter sa stratégie. Pour lui, recourir obligatoirement au navigateur est une erreur, “un pas en arrière, alors que les utilisateurs veulent un pas en avant”. De fait, peut-être le navigateur n’est-il pas (pas encore ?) adapté à tous les usages. D’ailleurs, Google lui-même avait proposé une mini-application à télécharger pour utiliser Google Earth
Et aujourd’hui, il fait en sorte que ses applications en ligne puissent être utilisées offline.
On pourra noter aussi que le succès des applications repose sur la possibilité de travailler en mode déconnecté, ou encore qu’Adobe bâtit sa stratégie sur un outil hybride, AIR, qui profite tant de la puissance d’un PC que des avantages des applications en ligne. Sur quel cheval miser, donc ? Parce que s’il faut muscler un navigateur Web afin qu’il supporte toutes les applications graphiques et interactives qui naissent en ligne, on revient sur un PC suffisamment puissant pour faire tourner Windows (enfin, au moins XP, Vista de ce point de vue est hors concours !) et Office…